Champagne '96 & Bourgogne '90
la dégustation du 9 janvier 2005

Champagne "belle époque"  1996, Perrier-Jouet
Champagne "Dom Pérignon"  1996, Moët & Chandon
Champagne "grande année" 1996, Bollinger
.
Pommard 1er cru "les rugiens" 1990, Hubert de Montille
Chambolle Musigny 1990, Doudet-Naudin
Volnay 1er cru "Clos des ducs" 1990, Marquis d'Angerville

 

 

 

  QUELQUES MOTS

Question de bien commencer l'année, cette dégustation proposait un premier volet de champagnes, avec trois cuvées prestige dans l'excellent millésime 1996. Le deuxième volet était constitué de trois bourgognes du millésime '90.

Les champagnes
Il faudra bien un jour que j'arrête de servir les vins de Bollinger dans ces dégustations à l'aveugle car, même en les comparant à des vins fort prestigieux et plus dispendieux, le style puissant et mûr des champagnes Bollinger ne laisse aucune chance à la compétition.

Encore une fois, la "Grande Année" a facilement remporté les faveurs d'une écrasante majorité des membres de notre panel (10 sur 15) même si le volet incluait un exceptionnel "Dom Pérignon" auquel M. Parker lui-même a attribué un 98% et qui coûte considérablement plus cher à l'achat que le Bollinger. D'ailleurs, il faut préciser que le "Grande Année" était le moins cher des trois vins de ce volet, qui était complété par un fort satisfaisant "Belle Époque" de la maison Perrier-Jouët.

Pendant les échanges qui ont suivi ce volet, une très belle chose a été dite relativement au style de chacun de ces champagnes. En constatant que la finesse du "Belle Époque" en fait un vin idéal pour l'apéritif, que la complexité et l'élégance du "Dom Pérignon" sont parfaites pour certaines entrées et que la puissance et la vinosité du "Grande Année" requièrent un plat principal, on arrive facilement à la conclusion que, tout dépendamment du style des différentes maisons, il est possible de trouver assez de champagnes différents pour accompagner tout un repas.

 

Les rouges
Avoir la chance de comparer trois bourgognes du millésime '90 est un privilège hors du commun de nos jours. Surtout si dans ces trois vins on retrouve le mythique "Clos des ducs" du Marquis d'Angerville et un Pommard "rugiens" du Domaine Hubert de Montille.

En dégustant les vins de ce volet, plusieurs considérations venaient à l'esprit. Premièrement, le terroir. Jamais auparavant le caractère typique de chaque terroir ne m'avait paru aussi évident que dans ce volet. Preuve, peut-être, que les vins de Bourgogne ont besoin de temps pour secouer de leur dos la signature de leurs producteurs respectifs et manifester plus clairement le caractère de leur terroir. Deuxièmement, le vieillissement. Des vins encore aussi jeunes et en santé à l'âge de quinze ans ce n'est pas seulement le mérite du grandissime millésime '90, mais c'est aussi un signe très net que les meilleurs rouges de la Côte d'or peuvent vieillir aussi bien que les grands vins de Bordeaux.

 

Pour plus d'informations sur ces vins, vous pourrez consulter le tableau ci-bas, ainsi que mes notes de dégustation.

     

 
  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de préférences reçues par chaque vin (chaque dégustateur ayant droit à un vote de préférence par volet). Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. Occasionnellement, quand je crois que ça peut faciliter la compréhension du lecteur, j'ajoute une équivalence sur une échelle 100 points.

VINS DÉGUSTÉS

VOTES

MES NOTES

Perrier-Jouët "Belle époque" 

1

****
Moët & Chandon "Dom Pérignon" 

4

**** @ **** ½
Bollinger "grande année"

10

**** ½

 

 

 
Pommard "les rugiens" - de Montille

10

**** @**** ½
Chambolle Musigny - Doudet Naudin

1

*** ½
Volnay "Clos des ducs" - d'Angerville 4 ****


 

 
  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Les vins sont toujours dégustés à l'aveugle.Les notes de dégustation sont présentées selon le même ordre dans lequel les vins se sont retrouvés une fois avoir été placés dans les sacs et mélangés pour obtenir un ordre de service aléatoire.


Champagne "Belle Époque" 1996, Perrier-Jouët (SAQ > 520 197 – 134,00$ ; LCBO > 135 798 – 99,95$)
Robe dorée, de moyenne intensité. Nez plutôt subtil et très élégant, avec des notes de brioche et des accents de pâtisserie au citron. La bouche est de bonne ampleur, avec une mousse persistante, une acidité plutôt soutenue, laissant encore une impression de nervosité et de fougue juvénile. Il faudra lui laisser encore deux ou trois ans pour l'apprécier à son meilleur. Cher, mais bien fait. AM : 2007 @ 2011+
(**** - jan./05 - Fed)

Champagne "Dom Pérignon" 1996, Moët & Chandon  (SAQ > 280 461 – 181,00$)
Cette légendaire cuvée de la maison Moët & Chandon a toujours constitué le nec plus ultra en matière de luxe en champagne, mais elle n'a pas toujours justifié les prix de fous qu'on en demande. Dans le millésime 1996 elle nous offre une belle robe dorée, de bonne intensité, aux reflets verdâtres, un nez des plus élégants, plutôt subtil, avec des notes minérales et fumées très discrètes qui lui donnent des airs de grand bourgogne, des accents très fins d'agrumes lui confèrent aussi une belle fraîcheur. La bouche est de bonne acidité, aux bulles fines, d'une mousse persistante, le tout est encore plutôt tendu et peu expressif mais le potentiel est bien présent. Le DP '96 sera un très grand champagne, mais il faudra être patients. AM : 2009 @ 2021.
(**** @ **** ½ - jan./05 - Fed)

Champagne "Grande Année" 1996, Bollinger  (SAQ > 145 169 – 129,00$)
Robe dorée, aux reflets cuivrées, excellente intensité. Nez très mûr et vineux, avec des arômes de rancio qui lui confèrent une très grande personnalité, des nuances de pain grillé et d'amende, qui semblent dotées d'un caractère un brin chimique par moments, lui confèrent encore plus de complexité. La profondeur de la bouche est désarmante, ample, puissante, vineuse, elle possède un caractère de crème d'amande absolument sublime, des bulles fines, à peine perceptibles et une finale d'une longueur interminable. Ce vin semble dix ans plus vieux que ses pairs mais son équilibre et sa vitalité ne font aucun doute. Si vous avez été assez prévoyants pour en mettre quelques bouteilles en cave j'ai deux choses à vous dire : premièrement, mes plus sincères félicitations pour votre bon jugement; deuxièmement, n'hésitez pas à en ouvrir une bouteille ou deux dès cette année. AM : jusqu'en 2011+
(**** ½ - jan./05 - Fed)


 

Pommard 1er cru "les rugiens" 1990, Hubert de Montille
Rubis profond, très bonne saturation. Ce Pommard offre un nez très complexe, épicé, légèrement terreux, avec des nuances de violette et de cerise noire encore pleines de vitalité. La bouche est ample et d'un très beau volume pour un vin de quinze ans, avec des tannins fermes et légèrement astringents qui le rendent corsé et un brin austère, comme tout Pommard qui se respecte devrait être. Les saveurs de tabac sont de bonne concentration et persistent dans une finale de très bonne longueur. C'est un grand Pommard, que l'on pourra apprécier (à table plutôt qu'en dégustation!) pendant encore plusieurs années. AM : jusqu'en 2015.
(**** @ **** ½ - jan./05 - Fed)

Chambolle Musigny 1990, Domaine Doudet Naudin
La robe rubis-grenat, de moyenne saturation, semble très évolué et laisse présager le pire. Mais ce vin possède encore un fruité très charmeur, aux arômes de cerise sucrée, enrobée de sucre brun, de cassonade et d'épices fines. C'est très racoleur! La bouche semble amincie par le temps, mais elle est savoureuse et possède le même fruité sucré, avec une finale chaleureuse et de bonne longueur. Très intéressant. Il y a cinq ans il devait être splendide!
(*** ½ - jan./05 - Fed) 

Volnay 1er cru "Clos des ducs" 1990, Marquis d'Angerville
Rubis, très bonne saturation. Ce vin un peu ambigu offre des arômes de tabac très marqués, aux nuances de prune, de goudron et de menthol qui lui donnent un air plutôt évolué. La bouche, toutefois, fait preuve d'une très belle vitalité, avec un volume remarquable, un grain d'une grande finesse, des saveurs de tabac, goudron, minéral, ainsi qu'une finale de cerise très pure et persistante. Un vin profond, équilibré et très racé. AM : jusqu'en 2010+
(
**** - jan./05 - Fed)

 


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Federico