Acheter du vin:
En succursale ou à l'épicerie?

 

Il arrive que des lecteurs me demandent comment se fait-il que je ne commente jamais, ou presque jamais, des vins de tous les jours, voire même (horreur!) des vins disponibles dans le réseau de l'alimentation. En ce qui concerne mon indifférence face aux vins de tous les jours, je réponds habituellement qu'un consommateur qui achète un vin à 10$ ne prend pas un très gros risque, mais un autre qui décide de se payer une bouteille à 30$, 50$, 100$ ou plus, prend un risque considérable et il a besoin d'être mieux renseigné.

 

Pour ce qui est des vins disponibles à l'épicerie, je l'avoue... c'est carrément un refus de ma part! Pourquoi? Premièrement, parce que je refuse d'acheter un vin d'origine douteuse, sans appellation, sans millésime, qui pavoise des formules dénouées de sens comme: vin de cépage (sans qu'aucun cépage ne soit mentionné), vin de qualité supérieure (par rapport à quoi au juste), vin de sélection, cuvée particulière, etc... À mon avis, ces étiquettes arborant tous ces titres insignifiants ne font que prendre les consommateurs pour des idiots. Deuxièmement, mon refus est aussi justifié par des raisons économiques. Il ne faut pas chercher trop longtemps pour trouver, en succursale, des vins d'appellation et millésimés qui coûtent moins cher que bien des vins d'épicerie.

 

Pour le prouver, cette semaine je me suis prêté à l'exercice (fort intéressant d'ailleurs) de goûter trois vins blancs avec un groupe d'amis plutôt néophytes en matière de vin. Le premier vin, celui acheté à l'épicerie, a suscité quelques grimaces. Il en restait un bon tiers dans le fond de la bouteille quand on m'a demandé si je n'avais pas d'autre chose à leur servir.  Le deuxième vin a été reçu avec un peu de scepticisme, il était meilleur, mais c'est seulement vers la fin de la bouteille, quand il a commencé à s'ouvrir, que les gens l'ont réellement apprécié.

 

Le troisième vin, le plus complet des trois, le seul offrant une expression fruitée digne de ce nom et une réelle complexité (minérale), a connu le succès le plus net. Et ce, pour à peine 2,78$ de plus que le vin d'épicerie car, il ne faut pas oublier que sur les vins disponibles dans le réseau de l'alimentation les taxes sont en sus!

 

Conclusion: si vous êtes de ceux qui font toujours tout à la dernière minute (je vous comprends, je suis pareil!) ne tombez pas dans le piège d'acheter votre vin à l'épicerie. Si vous n'avez vraiment pas le temps de passer à la SAQ prenez l'habitude de garder une petite réserve à la maison, trois ou quatre bouteilles suffisent... et ça ne coûte pas plus cher!

 

 

en blanc

Cuvée d'Argençon "vin de cépage" produit d'Argentine (Épiceries 10199949 – 11,45$ +taxes donc 13,17$)
Il y a forcément quelque chose qui vous laisse perplexe quand on lit la mention "vin de cépage" et qu'aucun nom de cépage n'est affiché sur l'étiquette. On a un peu l'impression d'être pris pour des idiots, mais bon... pour environ douze dollars, plus taxes (car, contrairement aux succursales de la SAQ, à l'épicerie les taxes sont en sus) vous avez droit à ce vin très sec et plutôt insipide qui, si on fait abstraction de son discret caractère de raisin blanc, ne goûte que l'alcool.
(* - fév./06 - Fed)

Chardonnay Mendoza 2005, Trapiche (SAQ 588 004 – 10,00$)

Un chardonnay très jeune qui, malgré sa nature plus que modeste, se paye le luxe de se donner des airs de vins de garde et demande une bonne demi heure d'oxygénation avant de s'exprimer à son meilleur. Son nez dévoile alors des nuances florales de chèvrefeuille, sa bouche s'assouplit et gagne un peu en ampleur et sa finale, un peu alcooleuse, développe une agréable touche de miel vanillé.

(** ½ @ *** - fév./06 - Fed)

 

Riesling réserve 2004, Willm (SAQ 011 452 – 15,95$)

Joli nez, offrant une subtile minéralité et des arômes d'agrumes. La bouche est généreusement fruitée, avec des saveurs d'agrumes qui s'entremêlent à une acidité stimulante. Pas très complexe, mais c'est un apéritif plutôt agréable et son acidité lui permettra aussi d'accompagner les entrées.

(*** - fév./06 - Fed)

 


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Federico