LA CÔTE RÔTIE

 

La Côte Rôtie est un des plus anciens vignobles de France. Les Romains y auraient planté de la vigne il y a près de 2500 ans et Pline l'Ancien cite la qualité des vins de Vienne dès 71 a.c.

 

L'appellation se divise en deux terroirs distincts: la Côte Blonde et la Côte Brune. La légende veut que le Seigneur Maugiron, qui possédait cette terre, fit de la Côte Rôtie la dote de ses deux filles lors de leur mariage. Or, la chevelure de l'une était blonde et celle de l'autre était brune.

 

Les vins de la Côte Rôtie ont jouit d'une grande notoriété dans le passé. À leur apogée, au début du siècle dernier, l'appellation s'étendait sur 300 hectares. Toutefois, le phylloxera, deux guerres mondiales et un cours des prix qui ne justifiait pas les sacrifices nécessaires à l'exploitation d'un vignoble si difficile à cultiver ont fait en sorte que, entre les années '50 et les années '70, les paysans ont préféré cultiver des fruits dans les plaines plutôt que la vigne sur la côte. Au pire de cette crise, alors que "un kilogramme d'abricots se vendait plus cher qu'un litre de vin," la Côte Rôtie comptait moins de 50 hectares de vigne.

 

Aujourd'hui, grâce surtout à une nouvelle génération de vignerons qui a su miser sur la qualité, la Côte Rôtie a retrouvé sa place parmi les vignobles les plus prestigieux du monde et son vin est justement un des plus recherchés. La superficie totale du vignoble est d'environ 230 hectares et dans le millésime 2005 on a déclaré près de 8500 hl. de vin.

 

Ce vin, qui doit être composé à base de syrah et peut comprendre jusqu'à 20% de viognier, se distingue par ses arômes complexes de framboise et de cassis, souvent agrémentés par des nuances de poivre, de lard, ainsi qu'une touche de violette. C'est un vin de finesse, qui peut être de bonne structure et de grande longévité.

 

Vous trouverez ci-bas une série de notes sur plusieurs grandes Côte Rôties à maturité.

 

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en rouge

 

 

Quatre des plus grands vins de l'appellation dans le millésime '91

 

Côte Rôtie "La Mordorée" 1991, Chapoutier

Très beau nez, très fin et naturel, subtilement faisandé, avec un caractère élégant et d'une minéralité très distinguée. La bouche légèrement acidulée, juste assez pour que ça lui confère un bon tonus, les saveurs de cerise de terre, de prune fraîche et d'épices, se mêlent à une minéralité et à des tannins de grande finesse qui font de ce vin une Côte Rôtie vraiment très distinguée!

(**** ½ - août/08 - Fed)

 

Côte Rôtie "La Turque" 1991, Guigal

Très beau nez, terreux au début, puis de plus en plus minéral, avec des nuances de graphite, de mine de plomb, un fruit mûr et crémeux, qui gagne des accents de violette. La bouche est grandiose, ample, suave, d'une matière sublime, qui caresse le palais, dotée de tannins très fins et d'une tenue presque parfaite pour une Côte Rôtie qui approche les vingt ans. Vraiment très grand! AM: jusqu'en 2014.

(**** ½ - août/08 - Fed)

 

Côte Rôtie "La Landonne" 1991, Guigal

Puissant, viril, un brin capiteux, son nez de goudron, de torréfaction et de prune, possède un caractère minéral, chaud, poussiéreux. La bouche est ample, veloutée, avec des tannins fins, légèrement astringents, une présence puissante, avec une longue finale de goudron et de torréfaction.

(**** @ **** ½ - août/08 - Fed)

 

Côte Rôtie "La Mouline" 1991, Guigal

Premier nez terreux, qui évolue rapidement vers un caractère fumé, légèrement brûlé, avec des nuances de mine de plomb, de poivre et quelque chose de subtilement végétal. Bouche veloutée et très élégante, de bonne matière, épicée, aux relents de cola qui persistent dans la finale volumineuse. Excellent, mais il lui manque ce quelque chose de plus qui distingue habituellement les trois cuvées de luxe de Guigal.

(**** - août/08 - Fed)

 

 

 

Deux millésimes d'une de mes Côtes Rôties préférées

 

Côte Rôtie "les grandes places" 2001, Jean Michel Gérin

Élégant, très finement minéral, avec du talc et des notes crayeuses, fumées, légèrement grillées. En bouche, l'acidité lui donne du nerf et de la tenue, il semble un peu replié sur lui-même mais sa finesse est indubitable. 

(**** - août/08 - Fed)

 

Côte Rôtie "les grandes places" 1997, Jean Michel Gérin

Très joli nez, fin, légèrement faisandé, viandé, floral, avec des notes de basse-cour et quelques traces de boisé grillé qui persistent. La bouche est tendre et savoureuse, avec des belles saveurs de cerise, légèrement viandées, crayeuses, belle acidité, beaucoup de finesse et d'élégance. Une excellente Côte Rôtie, un peu bourguignonne. 

(**** - août/08 - Fed)

 

 

 

Deux 1995

 

Côte Rôtie 1995, Jamet

Rubis, bonne saturation. Discret, terreux, subtilement poivré. Bouche élégante, de corps moyen, avec un bon fruit de framboise, des accents épicés, réglissés, aboutissant en une finale discrète mais d'assez bonne persistance. Plutôt discret, mais élégant.

(*** ½ - août/08 - Fed)

 

Côte Rôtie 1995, Burgaud

Premier nez très animal, avec des odeurs de cheval ayant laissé une traînée de pommes de route, il évolue vers un bon mélange floral, poivré, avec des traces herbacées. La bouche est plutôt élégante, assouplie par le temps, avec des tannins polis, des saveurs légèrement viandées et une belle fraîcheur. AM: jusqu'en 2011.

(*** ½ - août/08 - Fed)

   

 

 


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Federico