BOURGOGNE 1997

 

    Un printemps ensoleillé et chaud a donné le pas à un cycle végétatif très précoce, mais les températures froides et pluvieuses au moment de la floraison, au mois de juin, ont causé du millerandage. Les mois d'août et de septembre ont été très chauds, au point de stresser les vignes et de ralentir la maturation du fruit à certains endroits.
     

    À partir de la deuxième moitié de septembre, les écarts de température entre le jour et la nuit ont permis de compléter la maturation des raisins tout en préservant une belle fraîcheur de fruit. Les rendements très bas, causés par le millerandage, ont permis de cueillir des raisins très mûrs, avec des niveaux de sucre très élevés et de faibles acidités.

    Les bourgognes de ce millésime ont été caractérisés par leur souplesse et leur charme immédiat. Toutefois, la pourriture et le mildiou ont frappé plusieurs vignobles, ce qui explique l'hétérogénéité des vins, ainsi que la faible saturation et les reflets grenat de plusieurs rouges.

 

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en blanc

 

Bâtard Montrachet grand cru 1997, Domaine Leflaive

Le premier nez est très fumé, avec des notes de pierre à fusil qui évoquent la mouffette. Lentement, en s'oxygénant, la grande complexité du vin commence à se révéler, la noisette grillée, la minéralité, la grande qualité du boisé, somptueux et parfaitement dosé, à travers lequel on décèle des magnifiques nuances florales. La bouche est un modèle de finesse et d'équilibre, onctueuse, de parfaite acidité, avec des saveurs d'agrumes très délicates, accentuées d'irrésistibles nuances de noisette, de brioche, d'épices qui persistent dans la longue finale. Sublime. AM : jusqu'en 2012+.

(**** ½ - oct./07 - Fed)

 

Puligny Montrachet 1er cru "les clavoillons" 1997, Domaine Leflaive

Doré, reflets verdâtres. Le nez est très similaire à celui du Bâtard Montrachet, avec juste un peu moins de profondeur, il offre un sublime boisé, des notes de brioche, d'épices, un très joli fruit de lime. La bouche est de grande finesse, l'ampleur et la minéralité sont remarquables, avec une fine amertume et une belle finale, nuancée de réglisse. Un superbe Puligny, à point.

(**** @ **** ½ - oct./07 - Fed)

 

Corton Charlemagne grand cru 1997, Bonneau du Martray

Une bouteille peut-être moins que parfaite, comme il arrive trop souvent avec les blancs de ce domaine. Robe dorée, très soutenue. Nez légèrement rancio, avec des notes de noisette et de fruits secs, beaucoup de miel, ainsi que des nuances de truffe blanche. Bouche onctueuse, mûre, assez équilibrée, beaucoup plus jeune et équilibrée que le nez les suggère, avec des saveurs de miel, de coing, de chocolat blanc. Très bonne longueur.

(*** ½ - oct./07 - Fed)

 

 

en rouge

 

Un très grand vin

 

Chambertin Clos de Bèze 1997, Jadot

Rubis, très bonne saturation. Superbe nez, profond et complexe, d'une très belle fraîcheur, avec des notes de fruits noirs, très pures, aux nuances cuirées et saupoudrées de poivre blanc. La bouche possède une densité, une maturité et une qualité d'extraction remarquables, la densité et la profondeur fruitée de sa chair sont vraiment exceptionnelles, les saveurs de fruit noir et d'épices possèdent des accents de cola et de minéral, les tannins mûrs soutiennent  et unissent la matière, lui conférant une excellente mâche, la finale est superbe de longueur et de précision! C'est un très grand bourgogne, approchable dès aujourd'hui mais doté encore d'un excellent potentiel de garde. AM: jusqu'en 2017.

(**** ½ - oct./07 - Fed)

 

 

D'autres très belles bouteilles

 

Romanée St. Vivant grand cru 1997, Hudelot Noëllat

Très fin, aromatique, avec un fruit de cerise noire et des notes florales qui s'entremêlent à un boisé fin et légèrement grillé, aux accents de mine de plomb. La bouche est de bonne ampleur, offrant beaucoup de finesse et d'élégance, avec des saveurs de cerise noire, acidulée et une finale persistante. C'est vraiment très réussi!

(**** @ **** ½ - oct./07 - Fed)

 

Romanée St. Vivant grand cru 1997, Domaine de la Romanée Conti

Discret, avec un caractère floral, végétal, qui peine à gagner une réelle précision aromatique et finit par offrir des nuances de violette, de thé vert et d'herbes. La bouche possède beaucoup d'élégance et de souplesse, sa trame est impalpable mais les saveurs de cerise noire, acidulée, sont d'assez bonne concentration. On est loin des plus belles réussites du Domaine, mais ça reste un beau grand bourgogne, de grande finesse.

(**** - oct./07 - Fed) 

 

Gevrey Chambertin 1er cru Clos Saint Jacques 1997, Michel Esmonin et Fille

Rubis, très bonne saturation. Très joli nez, parfumé, classique, avec des arômes de cèdre, bois de santal, épices, terreux, du fruit noir, en évoluant il gagne un caractère plus viandé, toujours très fin et complexe, avec des accents épicés, du menthol, du soya et du tabac. La bouche est à la hauteur, avec beaucoup d'ampleur et de matière, ainsi que de la finesse et de l'équilibre, sa densité est plutôt étonnante pour un gevrey de dix ans, sa trame est serrée et de bonne mâche, la maturité de son fruit et le poids en arrière-palais son de premier niveau. Excellent!

(**** - oct./07 - Fed)

 

Gevrey Chambertin vieilles vignes 1997, Burguet

Rubis, très bonne saturation, reflets grenat. Complexe, légèrement faisandé, avec un fruit de prune et une agréable austérité minérale, iodée. La bouche est dense, mûre, structurée, avec des tannins fins et une belle acidité, un milieu de palais terreux une longue finale chaleureuse. Un beau gevrey structuré, qui semble avoir encore du chemin à faire.

(**** - oct./07 - Fed)

 

Gevrey Chambertin 1997, Mortet

Rubis, bonne saturation, légèrement grenat. Très joli nez de cèdre, épices, assez fin, avec des belles nuances de fruit noir. Bouche de très belle fraîcheur, avec une belle douceur de fruit noir, acidulé, d'une pureté fort appréciable, aux relents de cola. Un gevrey moderne mais très bourguigon, qui offre beaucoup de plaisir aujourd'hui.

(*** ½ @ **** - oct./07 - Fed)

 

Gevrey Chambertin 1er cru les champeaux 1997, Burguet

Un premier nez très bourguignon, avec des notes délicates de cerise de terre, laisse place à un caractère beaucoup plus terreux, animal, presque fécal, aux nuances d'herbes. La bouche est souple, ronde, offrant beaucoup de finesse et de soyeux dans sa trame, avec des saveurs de cerise acidulée qui persistent. C'est très bien fait, mais la netteté de son profil aromatique laisse un peu à désirer.

(*** ½ - oct./07 - Fed)

 

 

 


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Federico