Bordeaux 1999

 

Une année qui fut marquée par un nombre anormalement élevé des phénomènes météorologiques d'une intensité extrême, dont un ouragan, avec des vents de près de 200 km/h, qui endommagea gravement les forêts d'arbres centenaires dans les landes autour de Bordeaux pendant la nuit du 27 décembre. 

En ce qui concerne la saison végétative, elle fut particulièrement pluvieuse et chaude, avec des températures très élevées au mois d'août et plusieurs orages. La saison a surtout été marquée par les plus de 150 millimètres de pluie tombés dans le seul mois de septembre, incluant un orage très important le 12 et une séquence de pluie presque ininterrompue à partir du 20 septembre. De conséquences plus limitées, mais non moins catastrophiques, a été la tempête de grêle qui a touché St. Émilion le 5 septembre, forçant plusieurs producteurs a vendanger immédiatement dans le but de sauver au moins une partie de la récolte. 

Ce millésime, qui aurait été catastrophique il y a seulement 15 ans, a donné tout de même des résultats acceptables grâce aux sacrifices accomplis par les producteurs en termes de rendements et, surtout, grâce aux énormes progrès technologiques accomplis par l'industrie vinicole depuis le milieu des années '80. Plusieurs châteaux ont déclassé jusqu'à 70% de leur récolte dans le but de produire le meilleur vin possible, mais ce qui a permis de sauver la qualité du millésime est aussi la prolifération de machines à osmose inverse, capables d'éliminer l'excès d'eau des moûts. Bienvenus dans l'ère du vin technologique!

 

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en rouge

 

 

LES GRANDES RÉUSSITES

 

Margaux 1999, Château Palmer

Un Palmer d'une surprenante modernité! Très jeune et d'excellente maturité, avec beaucoup de fraîcheur et de profondeur, il offre des arômes de fruits noirs, cassis, légèrement nuancés de cola et de mine de plomb. La bouche est très mûre, séveuse et glycérinée, avec des tannins mûrs et élégants, des saveurs de cassis et de cerise, ainsi qu'une finale très longue et précise. Très moderne mais d'une élégance irréfutable, qui ira en s'affirmant avec les années. Grande réussite!

(**** @ **** ½ - oct./07 - Fed)

 

Haut Médoc 1999, Château Sociando Mallet

Une bouteille qui confirme une fois de plus l'excellente qualité de ce millésime de Sociando. Cette fois-ci, il se présente avec des arômes très intrigants de soya et de légumes grillés, sur un fond de cassis très mûr et de chêne. La bouche est ample, mûre, presque sucrée, très savoureuse, avec des accents de cassis et de bleuets, des tannins finement astringents et une bonne finale aux relents d'épices et de cuir. Excellent!

(**** - oct./07 - Fed)

 

 

 

LES BEAUX VINS

 

Margaux 1999, Château Cantenac Brown

Plutôt austère, avec des notes iodées, cuirées, il gagne une douceur de sucre brun et de torréfaction en évoluant dans le verre. La bouche est jeune, cuirée, avec un brin d'amertume dans le tannin, un fruit de prune et une appréciable minéralité. Très classique. AM: 2012 @ 2017.

(*** ½ @ ****  - oct./07 - Fed)

 

Moulis 1999, Château Chasse Spleen

Un vin qui passe la soirée renfermé dans sa coquille, ne laissant entrevoir que par brefs instants son fruit de cassis, étonnant de pureté et de fraîcheur. La bouche est de bonne matière, bien encadrée par une structure ferme mais parfaitement mûre et polie, aux tannins plutôt racés. Très intéressant, mais il a besoin de temps. AM: 2014 @ 2019.

(*** ½ @ ****  - oct./07 - Fed)

 

Pessac Léognan 1999, Château Haut Bailly
Très joli nez, expressif, floral, il alterne des notes de violette à du cassis et du gazon fraîchement coupé. La bouche est un peu moins réussie, l'attaque est ample et veloutée, la chair est soutenue par des tannins légèrement astringents, c'est assez élégant dans l'ensemble mais on aurait aimé avoir un peu plus de matière en milieu de palais et d'intensité en finale. Toutefois, il pourrait ne pas avoir dit son dernier mot. Quelques années de garde supplémentaire pourraient lui permettre d'affiner ses tannins et de mettre un peu de poids. AM: 2010 @ 2015.

(*** ½ @ **** - oct./07 - Fed)

 

 

 

CEUX QUI AURAIENT PU FAIRE MIEUX

 

 

St. Émilion 1999, Château Magdelaine
Mûr, chaud, avec un boisé légèrement grillé qui s'entremêle à des arômes de prune et de poivre. L'attaque est ample, la chair possède souplesse et rondeur, avec des saveurs épicées qui manquent un peu de définition et une finale plutôt chaleureuse. C'est pas mauvais, mais je m'attendais à quelque chose de plus élégant de la part de Magdelaine.

(*** @ *** ½ - oct./07 - Fed)

 

St. Julien 1999, Château Branaire Ducru

Un St. Julien atypique, qui offre au nez des arômes très mûrs, chauds, presque cuits, de prune et de raisins secs. L'entrée en bouche est assez ample, mais le milieu de palais semble creux et la finale est marquée par une chaleur alcoolique un peu trop soutenue. Un bordeaux dans un style dépourvu de finesse qui ne convient absolument pas à un grand cru classé.

(*** - oct./07 - Fed)

 

 

 

 


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Federico