BORDEAUX 2001 & 2002

 

Pris en sandwich entre deux vendanges très médiatisées comme 2000 et 2003, les millésimes 2001 et 2002, à Bordeaux, ont surtout fait le bonheur des amateurs de Sauternes...

 

Ceci étant dit, les amateurs de grands vins du Médoc ne doivent pas pour autant jeter l'éponge, car il y a eu de très belles réussites en 2001 et 2002, comme le montrent les notes suivantes, rédigées lors d'une dégustation qui avait pour but de trancher sur le débat de quel était le meilleur de ces deux millésimes oubliés.

 

Résultat: il n'y a pas eu de gagnant! Chaque millésime ayant eu des grandes réussites chez divers producteurs. C'est donc sur le consommateur qu'incombe la tâche ingrate de faire ses recherches afin de mettre en cave le bon vin du bon millésime.

 

J'espère que ce qui suit pourra vous aider.... les verdicts sont ceux des votes exprimés par le panel de 15 dégustateurs présents pour l'occasion.

 

 

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en rouge

 

SOCIANDO-MALLET : victoire du 2001

 

Haut Médoc 2001, Château Sociando Mallet
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez discret, offrant des belles notes boisées, sur un fond de cassis mûr, aux accents de cuir et de poivron, très classique. Bouche de corps moyen, minérale, cuirée, dotée d'une trame souple et veloutée, ainsi que d'un milieu de palais plus généreux que celui du 2002, mais la légèreté de la finale laisse un peu à fine, désirer. Encore une fois, c'est un bordeaux bien fait, sans plus.

(*** ½ - mai/07 - Fed)

 

Haut Médoc 2002, Château Sociando Mallet

Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez discret, avec des arômes de prune fraîche, du poivron, des nuances plus subtiles de violette et d'épices fines qui évoquent une sorte de pot pourri bordelais. La bouche est de corps moyen, assez fluide, jeune, cuirée, aux tanins légèrement astringents, avec une finale discrète. Pas mauvais, mais il manque de coffre pour un vin qui voudrait rivaliser avec les crus classés.

(*** ½ - mai/07 - Fed)

 

 

MONTROSE : victoire du 2002

 

St. Estèphe 2002, Château Montrose (SAQ 10219516 – 83,00$)

Rubis-grenat, très bonne saturation. Beau nez, complexe, très classique, mélangeant des notes de prune fraîche, à un caractère terreux, rôti, légèrement épicé. Attaque élégante et veloutée, milieu de palais plus ferme, tannique, un peu plus austère que le 2001 mais de bonne finesse, élégant et équilibré. Finale discrète mais pure et d'une minéralité persistante. 

(**** - mai/07 - Fed)

 

St. Estèphe 2001, Château Montrose

Rubis-grenat, très bonne saturation. Nez discret, mais de bonne maturité, offrant un fruit alléchant, presque confit, sur des belles notes de cassis et de mûres. La bouche est de corps moyen, élégante et dotée d'une belle structure, fine, à la trame veloutée, un peu plus compacte en milieu de palais, où le tannin garde une prise ferme et confiante, conférant au vin une mâche très appréciable. Belle finale, aux relents de mûres et d'épices, de bonne persistance. Une très belle bouteille.

(**** - mai/07 - Fed) 

 

 

COS D'ESTOURNEL : victoire écrasante du 2001

 

St. Estèphe 2001, Château Cos d'Estournel

Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, très typé, avec des arômes de moka qui dérivent d'un boisé aussi parfaitement calibré qu'élégant, aux nuances délicates de lavande qui ajoutent à sa complexité en y apportant un pointe de fraîcheur. La bouche est mûre, compacte, dotée d'une très belle mâche, avec des saveurs de cassis, de chocolat noir et de minéral, qui expriment beaucoup de pureté et de fraîcheur, qui s'allongent dans la finale très persistante, aux relents de cassis et de violette. Une grande réussite, qui laisse le 2002 très loin derrière.

(**** ½ - mai/07 - Fed)

 

St. Estèphe 2002, Château Cos d'Estournel

Rubis, très bonne saturation. Nez complexe, mais légèrement volatil, mélangeant des arômes de prune et de chocolat, de goudron et de minéral, de cassis et de mûres, un ensemble très mûr dans lequel on sent une forte présence de merlot. La bouche est un peu conflictuelle, ample et très mûre, mais aussi vive et acidulée, avec des saveurs de cassis, de prunes et de chocolat qui demeurent un peu vagues. Un Cos peu convaincant. 

(*** ½ - mai/07 - Fed)

 

 

LÉOVILLE BARTON : victoire écrasante du 2002

St. Julien 2002, Château Léoville Barton
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Plus expressif que le 2001, ce LB offre un nez complexe de cassis, mûr, confit, poivré, aux accents de poivron et de cèdre, qui s'entremêlent dans un ensemble très parfumé après un bref séjour dans le verre. La bouche aussi se montre plus accessible, offrant plus d'ampleur, de densité et de glycérine que son prédécesseur, riche, profonde et de bonne extraction, soutenue par des tannins assez fermes qui lui confèrent une belle mâche, elle possède des saveurs de prune et de cassis bien mûr, de bonne acidité, avec des relents de minéraux, de réglisse noire, qui persistent en fin de bouche. Un vin très complet et de grande stature.

(**** ½ - mai/07 - Fed)

 

St. Julien 2001, Château Léoville Barton (SAQ 10660088 – 98,00$)

Rubis, très bonne saturation. Beau nez, pas très expressif mais profond et très mûr, presque gommé, avec un caractère fumé, minéral, sur un fond de cassis. Bouche animée par une belle acidité, profonde, minérale, réglissée, épicée, elle semble traverser une phase de fermeture et montre une façade droite, longiligne, un peu froide mais très polie, avec une longue finale de réglisse noire. Un vin qu'il faudra attendre quelques années. AM: 2012 @ 2021.

(**** @ **** ½ - mai/07 - Fed)

 

 

PICHON LALANDE : victoire écrasante du 2001

Pauillac 2001, Château Pichon Lalande

Rubis, reflets grenat, très bonne saturation. Beau nez, très complexe, plutôt poivronné, mais offrant aussi des arômes très fins de moka, de chêne épicé, de basse-cour et de fleurs des champs. La bouche est tout aussi expressive, mûre, assez souple, avec des saveurs de mine de plomb, de poivron et d'épices qui composent avec un caractère légèrement faisandé, plutôt minéral en arrière-palais et de bonne longueur.

(**** - mai/07 - Fed)

 

Pauillac 2002, Château Pichon Lalande

Rubis, très bonne saturation. Nez très mûr, offrant des notes de prune sucrée et de rhubarbe, aux accents de cèdre et de sous-bois. La bouche semble un peu fermée, dominée par l'acidité et les tannins, elle manque de définition et semble vraiment très ingrate en ce moment.

(*** ½ @ **** - mai/07 - Fed)

 

 

LAFITE ROTHSCHILD : victoire du 2002

Pauillac 2002, Château Lafite Rothschild

Rubis-pourpre, très bonne saturation. Beau nez, très mûr, doux, de grande pureté, sur des notes de prune fraîche, sucrée, presque confite, offrant des nuances complexes, légèrement truffées, de chêne et de menthol. La bouche est élégante, assez dense et glycérinée, très harmonieuse, avec des tannins très fins et parfaitement enrobés, offrant une trame serrée et noble, sans légèretés. Un vin complet et séduisant.

(**** ½ - mai/07 - Fed)

 

Pauillac 2001, Château Lafite Rothschild

Rubis, très bonne saturation. Beau nez, bien mûr, offrant un mélange de notes de chêne neuf, mine de plomb et de poivron. La bouche est très élégante, beaucoup de finesse mais avec une impression de minceur, des tannins légèrement astringents, des saveurs de prune fraîche, de cuir, de cèdre, qui composent un profil assez classique, se mariant bien à la personnalité un brin austère de ce pauillac qui semble traverser une phase un peu ingrate.

(**** - mai/07 - Fed)

 

 

 

PALMER

Hors concours en raison de l'absence d'un 2001, ce Palmer '02 se confirme comme étant une réussite exceptionnelle, capable même de jeter son ombre les deux  vins de Lafite, avec lesquels il a été servi.

Margaux 2002, Château Palmer

Vraiment une très grande réussite! Palmer 2002 se présente sous une veste rubis, profonde et de très bonne saturation. Le nez est magistral, d'une sublime pureté, offrant des notes de violette d'une grande finesse, qui s'entremêlent au poivron, au sous-bois et à la mine de plomb. La grande finesse! La bouche est très élégante, d'un grain très noble et parfaitement poli, serré mais sans aucune aspérité, vraiment très harmonieux, avec une matière fruitée qui offre des saveurs vibrantes de cassis, d'une acidité stimulante et parfaitement intégrée, qui persistent dans la longue finale. Un vin à rechercher par tous les amateurs de grand bordeaux.

(**** ½ - mai/07 - Fed)

 

 


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Federico