Bandol
Introduction à une appellation souvent méconnue
avec des commentaires sur quelques uns des 
meilleurs exemplaires vendus au Québec.

 

Le vignoble du Bandol, un des plus anciens de France, occupe une superficie très réduite, de l'ordre de 1000 hectares. Blottie entre le massif de la Sainte-Baume et les rivages de la Méditerranée, sa zone de production se caractérise par des kilomètres de "restanques" (des banquettes de terre soutenues par des murets de pierre) qui montent vers les coteaux. Orienté plein sud, le vignoble bénéficie d'un ensoleillement idéal. La mer à ses pieds lui épargne les écarts de température et, sur les hauteurs, les collines plantées de pinèdes et de chênaies font office de paravent. Le climat, le site, les sols mais aussi et surtout un encépagement particulier contribuent à faire du Bandol un vin original et noble. C'est le mourvèdre qui donne au Bandol sa fermeté, son caractère et sa longévité. Et les tenants de l'appellation ne sont pas peu fiers d'avoir réussi à introduire et à acclimater un plant qui partout ailleurs possède la réputation d'être d'une maturation lente et capricieuse. Ils affirment d'ailleurs que le mourvèdre est au bandol ce que le cabernet-sauvignon est au médoc : "un signe extérieur de noblesse".

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Histoire

Au début du siècle l'aramon et l'alicante, cépages produisant des "vins de soif" ou de "coupage," composaient largement les vins du Var et ont contribué à leur "mauvaise" réputation. Et pourtant, le vignoble de Provence (de Marseille à Saint Raphaël) a toujours été réputé pour la qualité de ses vins, depuis l'antiquité jusqu'à l'invasion du vignoble par le Phylloxéra, au milieu du 19e siècle. Le mourvèdre, cépage difficile et capricieux, trouve sa terre d'élection dans les "restanques" qui se hissent sur les coteaux entourant l'actuelle ville de Bandol, Traditionnellement, le Vin de Bandol, s'exporte par les mers et se bonifie en voyageant. Dans le Comte de Monté-cristo, c'est le grand vin qu'on embarque sur les navires. Mais quelques années après la publication de cette grande oeuvre romanesque le Phylloxéra s'abat sur le vignoble du midi et, en une vingtaine d'années, ravage le vignoble de Bandol. La culture de la vigne régresse très fortement. Le mourvèdre vient délaissé pour des cépages plus faciles et plus productifs tels l'aramon (cépage venu des États Unis, dont l'expansion sera phénoménale dans le quart sud-est du vignoble français) et le carignan, les cépages teinturiers (alicante, jaquez) ou encore les cépages alcooligènes (calitor, pécoui, touar, tibouren).

Il faudra pratiquement un siècle avant que le vignoble de Provence remonte la pente et retrouve sa réputation, grâce au courage et à la détermination d'une poignée de vignerons qui feront le pari de la qualité et seront à l'origine, dès 1941, de l'obtention de l'Appellation Bandol Contrôlée, seule appellation contrôlée du Var pendant plusieurs décennies.

 

Le Mourvèdre

On retrouve des traces de mourvèdre à Bandol depuis la nuit des temps. L'origine du cépage reste néanmoins incertaine. La littérature sur la question le présente comme étant probablement d'origine Espagnole (Murviedro), de la région de Valence. Les cépages "mataro" (en catalogne) et "monastrell" espagnol est souvent considéré comme la dénomination hispanique du mourvèdre. Pourtant la thèse de familiarité entre monastrell et mourvèdre a été démentie par les études d'ADN menées par l'Université DAVIS de Californie en collaboration avec le conservatoire des cépages de l'INRA de Montpellier. Une autre thèse, développée par une grande figure de l'appellation, Raymond Constant, voudrait que le mourvèdre ait été introduit en Provence par les Phéniciens, trois siècles avant Jésus-Christ.

Le mourvèdre, qui doit entrer à raison d'au moins 50% des vins rouges de Bandol, est un cépage difficile, qui mûrit tardivement et qui est sensible aux maladies de la vigne. Par contre, il supporte bien les sols très pauvres et les sècheresses estivales. Sur le site de Bandol, il rencontre le terroir et le climat idéaux qui lui permettent d'éviter au maximum les maladies et d'atteindre la maturité optimale en fin de fin de saison. Le mourvèdre donne des vins assez alcooliques et colorés, rudes - voire ingrats - dans leur jeunesse, mais dotés d'une très grande aptitude au vieillissement. L'assemblage avec les autres cépages méridionaux autorisés par le décret d'appellation permet d'obtenir des vins plus souples et abordables dans leur jeunesse.

 

L'appellation

Le décret qui a créé l'appellation en 1941 a été modifié en 1989 et en 1992. Le document de 1941 délimitait l'aire de production à six communes Bandol, Sanary, La Cadière d'azur, Le Castellet, et certains lieux dits des communes d'Ollioulles, Evenos et Saint Cyr sur mer. D'autres articles saillants de ce document étaient la limitation drastique des rendements à 40 hectolitres à l'hectare et l'interdiction à toute opération d'enrichissement ou de concentration, même pratiquée dans la limite des prescriptions légales en vigueur, sous peine de perte au droit de porter l'appellation. 

Le décret indiquait aussi la voie à suivre au niveau des cépages : certains cépages principaux (mourvèdre, cinsault, grenache et carignan) sont retenus, ainsi que des cépages d'appoint, dont la syrah, qui ne devront pas dépasser 40% de l'encépagement.

Mais c'est les décrets successifs qui iront plus loin dans la voie de la recherche de la typicité et de la qualité. Le tibouren et le calitor sont éliminés de l'appellation à partir de la récolte 1992. Le Carignan devient cépage secondaire avec la Syrah; chacun des deux ne peut dépasser 10% de l'encépagement individuellement et le 15% collectivement. Enfin, le Mourvèdre doit représenter au minimum 50% de l'encépagement et les producteurs sont contraints à l'utilisation d'au moins deux des trois cépages principaux (mourvèdre, grenache et cinsault).

L'utilisation des machines à vendanger ou tout autre moyen ne permettant pas de transporter les grappes de raisin entières jusqu'au lieu de vinification est interdit. La possibilité de dépassement des rendements maximaux (qui était fixée à un maximum de 20% de surplus pour les années exceptionnelles) est non seulement annulée, mais il est précisé que le rendement de 40hl à l'hectare ne peut être que modifié en diminution.

Pour les rouges, le bénéfice de l'appellation ne peut être accordé qu'à partir de la septième année suivant celle au cours de laquelle la plantation a été réalisée en place avant le 31 août. Aussi, les vins rouges devront subir un vieillissement d'au moins 18 mois en fût. Ces deux derniers points signifient qu'il faut attendre pratiquement 10 ans pour mettre sur le marché le produit d'une nouvelle vigne de bandol rouge. Ces conditions draconiennes de production expliquent largement l'évolution du style et de l'économie du Bandol ces dix dernières années.

Source : http://perso.wanadoo.fr/vin-de-bandol/cadre-menu.htm

 

 


 

Bandol 1999, Château Pibarnon (480 335 - 36,75$)
Racheté en 1977 par le Comte Henri de Saint-Victor, cette propriété possède un vignoble exceptionnel, un véritable amphithéâtre de vignes qui plonge de son sommet à 300 mètres d'altitude. Le vin est composé de 90 à 95% de mourvèdre et un pourcentage de bois neuf est utilisé pour l'élevage, qui dure 18 mois. Il s'agit d'ailleurs d'un des rares producteurs de Bandol à utiliser du chêne neuf pour affiner ses vins. Le vin qui en résulte est très distingué, fin, discret, avec des notes de fruits secs, d'épices, de garrigue, de cerise bien mûre, des accents de caramel viennent s'ajouter après une certaine oxygénation. La bouche est assez ample et de bonne maturité, serrée, épicée, très équilibrée, dotée de tannins bien mûrs et d'une structure aux dimensions très réussies. Belle fin de bouche sur des notes de toffee et de prune. Un vin racé, qui devrait avoir un très beau futur devant lui. Note à moi-même : mettre en cave le prochain millésime de Pibarnon disponible!
(**** - août/03 - Fed)

 

Bandol 1999, Château Pradeaux (851 758 – 34,25$)
Ce domaine historique de Bandol est propriété de la famille Portalis depuis 1752, quand Jean-Marie Portalis, un des ministres de Napoléon, le reçut en héritage. Aujourd'hui il est géré par le neveu et fils adoptifs de la Comtesse Arlette Portalis, Cyril. Le vin, qui est produit à 95% de mourvèdre avec un minime apport de grenache, "subit" un élevage de quatre ans en fûts. Ceci est, semble-t-il, nécessaire pour affiner les tannins et les arômes du cépage dominant. Le '99 est plutôt discret, avec un caractère de viande salée et de cachous, légèrement animal. La bouche est ferme, tannique, un peu ingrate mais de bonne concentration. Un vin de belle structure, qu'il faudra attendre quelques années. Il m'a semblé plus austère que la bouteille goûtée il y a trois mois.  
(*** @ *** ½ - août/03 - Fed)

 

Bandol 1999, Château Vannières (855 189 – 31,50$)
Composé essentiellement des cépages mourvèdre et grenache, le Bandol de Château Vannières est d'un rubis-pourpre de bonne saturation. Le nez, un peu réduit au début, prend de l'ampleur en s'oxygénant et gagne des notes de cuir et d'herbes provençales, légèrement faisandé, aromatique, avec des accents subtils et parfumés de menthe et de lavande. La bouche est de corps moyen, sise sur une structure solide, ferme, avec des tannins légèrement rugueux qui demandent du temps pour s'assouplir. Un vin franc, quoiqu'un peu rustique, qui va probablement se bonifier avec un bref séjour en cave. AM : jusqu'en 2011.
(*** @*** ½ - août/03 - Fed)

 

 


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Federico