BORDEAUX 1999
la dégustation du 26 janvier 2003

 

Margaux 1999, Château Malescot St. Exupéry
Haut Médoc 1999, Château Sociando Mallet
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Pauillac 1999, Château Lynch Bages
Pauillac 1999, Château Latour
St. Julien 1999, Château Léoville Barton
St. Estèphe 1999, Château Cos d'Estournel
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QUELQUES MOTS


Après une très longue interruption, la première séance de l'année ne pouvait avoir un meilleur thème que les Bordeaux. Millésime '99, le dernier d'une série de millésimes difficiles qui a commencé avec le désastreux '97. Heureusement que les '99 ont beaucoup plus à offrir que les '97, mais il est presque certain que personne ne les regrettera l'an prochain, quand nous serons en train de déguster les 2000...

Les '99 ne sont pas très différents des '98 : les vins sont très bien faits, mais à part quelques exceptions ils ne possèdent pas de réelle profondeur et certains présentent des tannins un peu secs. Ils me rappellent beaucoup les '93, mais en moins végétal.

Si Latour a été le vin qui a reçu le plus de votes dans le volet principal, la grande surprise a été le Léoville Barton. Tout le monde a reconnu que ces deux vins dominaient largement les reste du volet. Mais, quand on pense que le Léoville Barton ne coûte qu'un tiers du Latour et qu'il a su lui tenir tête sans difficulté (près de la moitié du groupe a cru que le vin #3 était le Latour, alors que c'était le LB), il faut reconnaître qu'il y a de l'excellent travail qui s'est fait chez les Barton.

Enfin, félicitation à notre dernière arrivée, qui a trouvé l'inspiration nécessaire pour deviner tous les vins correctement alors que le reste d'entre nous tombions sous les pièges de ces vins qui sont parfois si malins... 

 

 

  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de dégustateurs qui ont préféré chaque vin, chaque dégustateur ayant droit à un vote par volet ou groupe de vins. Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. Occasionnellement, quand je crois que ça peut faciliter la compréhension du lecteur, j'ajoute une équivalence sur une échelle 100 points.

VINS DÉGUSTÉS

VOTES

NOTES

Château Malescot St. Exupéry 6 *** ½ 88-89
Château Sociando Mallet 8 **** 90-91
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Château Lynch Bages 0 *** ½ @ **** 89-90
Château Latour 7 **** @ **** ½ 92-93
Château Léoville Barton 6 **** ½ 93-94
Château Cos d'Estournel 2 *** ½ @ **** 89-90

 

 

  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Margaux 1999, Château Malescot St. Exupéry
Grenat, bonne saturation, légèrement évolué. Le nez mêle des notes végétales de piment, d’herbes et de tabac vert à d’autres qui sont beaucoup plus parfumées et séduisantes de rose, d’épices et de cèdre. La bouche est de corps moyen et assez souple à l’attaque, charnu et rond, le fruit ne semble pas posséder beaucoup de profondeur et les saveurs cuirées introduisent une finale un peu sèche, où des tannins un peu âpres se manifestent. Ce vin possède des aspects très intéressants, mais il mêle des éléments d’élégance à d’autres qui sont plus rustiques et il pourrait bénéficier de quelques années de cave pour se replacer un peu.
(*** ½ - jan./03 – Fed)

 

Haut Médoc 1999, Château Sociando Mallet
Pourpre, excellente saturation. Le nez possède une belle maturité de fruit et une capacité à gagner en complexité très intéressante. Les notes de fruit confit du début offrent un côté charmeur et séduisant, alors qu’en s’oxygénant le vin gagne un caractère plus sérieux, mettant de l’avant de notes minérales, de nuances de chêne, de torréfaction et d’aneth. C’est très complexe et ça laisse présager un très beau vieillissement. La bouche est dotée d’un fruité mûr et d’une élégance surprenante, les saveurs de cassis possèdent beaucoup de fraîcheur et des nuances florales très intéressantes. C’est un vin qui possède aussi une certaine race et qui s’est révélé plus complet que ceux provenant de bien des Châteaux et d’appellations beaucoup plus nobles, sans toutefois pouvoir vanter la même finesse de grain que les meilleurs crus du Médoc. Très réussi, comme toujours.
(**** - jan./03 – Fed)


 

Pauillac 1999, Château Lynch Bages
Rubis grenat, bonne saturation, légèrement évolué. Le nez offre des nuances animales et un peu de réduction au début, puis il gagne des arômes de fraises agréables, mais un peu simples. Alcooleux, avec des notes d’herbes et de thé vert. La bouche est très équilibrée, souple, de corps moyen, avec une excellente concentration des saveurs dans un milieu de bouche profond qui offre une véritable liqueur de cassis. Les tannins sont souples et assez bien intégrés. AM : jusqu’en 2012.
(*** ½ @ **** - jan./03 – Fed)

 

Pauillac 1999, Château Latour
Rubis pourpre, de très bonne saturation. Très distingué, ce sont les premiers mots que j’ai écrits. Il offre des notes de cèdre et de fumée, avec un caractère minéral qui s’entremêle au chêne et à des nuances de violette et de menthol. La bouche est marquée par un boisé raffiné, des saveurs de cèdre et de cassis de bonne concentration. Minéral et racé, au grain fin et soyeux, les tannins semblent se resserrer en fin de bouche mais la finale est longue. Il devrait vieillir très bien. AM : 2011 @ 2019.
(**** @ **** ½ - jan./03 – Fed)

 

St. Julien 1999, Château Léoville Barton
Pourpre, presque opaque. Le nez est fumé et évolue merveilleusement dans le verre : cassis, violette, minéral. Il est classique! Belle attaque, bouche ample et veloutée, avec un « poids » remarquable en milieu de bouche, des saveurs minérales, du cèdre et de la réglisse en bâton. Excellente concentration, déjà retro-olfactif, avec une acidité aiguë qui perce littéralement les saveurs de cassis. Très structuré et possédant absolument tous les pré-requis pour un très, très long vieillissement. C’est un vin monumental (un géant, dans les mots de la RVF), qui constitue certainement LA réussite du millésime à l’exception des 1ers crus classés. AM : 2011 @ 2019. 
(**** ½ - jan./03 – Fed)

 

St. Estèphe 1999, Château Cos d’Estournel
Rubis, très bonne saturation. Très beau nez, tout à fait classique de Cos : chêne épicé, levure, croûte de pain et puis beaucoup de torréfaction. Comme toujours, il possède un je ne sais quoi de très luxueux et charmeur. En bouche, il se montre équilibré et ses tannins soyeux lui donnent un grain assez noble. Les saveurs de prune, de chocolat, de chêne et de café sont cohérentes avec ce que le vin proposait dans sa vitrine, mais il y a un fléchissement en milieu de bouche qui est préoccupant en quelque sorte. Les tannins se font asséchants en fin de bouche, mais le vin possède une très bonne longueur. On pourrait le boire aujourd’hui pour en apprécier son côté flamboyant, mais il n’exprime pas encore son meilleur discours. AM : 2009 @ 2014.
(*** ½ @ **** - jan./03 – Fed)


 


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Federico