BORDEAUX 2002 - acte II
la dégustation du 26 mars 2006

St. Julien 2002, Château Branaire Ducru SAQ - 51,00$
Pauillac 2002, Château Pontet Canet SAQ - 62,00$
Pauillac 2002, Château Lynch Bages SAQ - 79,00$
St. Julien 2002, Château Léoville Barton SAQ - 79,00$
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Pauillac 2002, Château Lafite Rothschild SAQ  - 236,00$
St. Estèphe 2002, Château Cos d'Estournel SAQ - 109,00$
Haut Médoc "ma vérité" 2002, Château Gérard Depardieu  SAQ  - 120,00$
St. Estèphe 2002, Château Montrose SAQ - 83,00$

*Tous les prix sont en dollars canadiens

 

QUELQUES MOTS

 

Deux volets de grands bordeaux du millésime 2002 pour pousser encore plus loin notre connaissance de ce millésime. Le premier volet se situait à cheval entre Pauillac et St. Julien, avec deux vins de chaque commune. Il a été remporté haut la main par un magistral Léoville Barton, qui continue dans une lignée qualitative exceptionnelle entreprise vers la fin de années '90.

Dans le deuxième volet nous nous sommes poussés un peu plus au nord, avec la présence du "Ma vérité" un vin fantôme de St. Seurin de Cadourne en Haut Médoc; Cos d'Estournel et Montrose, deux grand classiques de la commune de St. Estèphe, ainsi que le Lafite, un cru de Pauillac qui possède néanmoins quelques pieds de vignes dans la commune voisine de St. Estèphe. 

Ce dernier volet a été sans histoire, avec un Lafite délicat et d'une grande noblesse qui a su séduire une très grande majorité des dégustateurs présents. Par contre, les résultats de cette dégustation ne racontent pas à sa juste mesure l'excellente performance du Montrose. Six des 10 des membres du panel ayant préféré le Lafite ont avoué qu'il était suivi de très près par le Montrose. Ce dernier n'a toutefois obtenu que deux votes de préférence. Comme toujours, tous les vins ont été dégustés à l'aveugle. 

Pour plus de renseignements sur les résultats de cette dégustation, veuillez consulter le tableau ci-bas, ainsi que mes notes de dégustation.

      

 

  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de préférences reçues par chaque vin (chaque membre du groupe ayant droit à un vote de préférence par volet). Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. 

VINS DÉGUSTÉS VOTES

MES NOTES

Branaire Ducru

1

*** ½ @ ****
Pontet Canet

1

*** ½ @ ****
Lynch Bages

3

*** ½ @ ****
Léoville Barton

9

**** ½
..
Lafite

10

**** ½
Cos d'Estournel 1 ****
"Ma vérité"  1 *** ½
Montrose 2 **** @ **** ½


 

 

  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Les vins sont toujours dégustés à l'aveugle. Les notes de dégustation sont présentées selon le même ordre dans lequel les vins se sont retrouvés une fois avoir été placés dans les sacs et mélangés pour obtenir un ordre de service aléatoire.

 

St. Julien 2002, Château Branaire Ducru (SAQ 10219065 – 51,00$)
Rubis, très bonne saturation. Joli nez, débutant sur des notes fruitées très pures, bleutées, de cassis et de mûres, avec une fraîcheur végétale qui s'entremêle à des nuances de violette, en évoluant il gagne des nuances plus boisées de chêne chauffé. La bouche est de bonne matière, soutenue par des tannins fermes, avec des saveurs d'épices, de goudron, un caractère d'écorce et une longue finale de réglisse noire. Très bien fait, son fruit et sa structure lui permettront de bien vieillir. Très bel achat pour le prix!
(*** ½ @ **** - mars/06 - Fed)

Pauillac 2002, Château Pontet Canet (SAQ 10219583 – 62,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Plutôt fermé, avec un brin d'austérité, des notes de chêne grillé qui dominent un fond minéral. La bouche possède un belle étoffe, avec une chair ample et veloutée, aux tannins très fins et soyeux, étonnamment polis pour un jeune Pontet Canet, belles saveurs de cassis en milieu de palais et une longue finale réglissée. Plutôt intransigeant pour le moment, mais sa structure est très classique et il sera de bonne garde.
(*** ½ @ **** - mars/06 - Fed)

Pauillac 2002, Château Lynch Bages (SAQ 10219461 – 79,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez marqué par un boisé très toasté et plutôt envahissant, avec des nuances torréfiées plutôt agréables qui évoluent vers un caractère brûlé, de caoutchouc, il possède aussi de belles nuances de goudron et de tabac, mais pour le moment son boisé brûlé est plutôt redondant. La bouche est beaucoup plus noble, dotée d'une attaque de bonne ampleur, d'une trame tannique fine, soyeuse, très classique, de bonne fermeté mais sans dureté, les saveurs minérales possèdent des accents de poivron et de chêne, sa longue finale est subtilement chocolatée. Il faudra attendre que le temps lui permettre de nettoyer un peu sa palette aromatique.
(*** ½ @ **** - mars/06 - Fed)

St. Julien 2002, Château Léoville Barton (SAQ 10219372 – 79,00$)
Une autre grande réussite pour Monsieur Barton. Rubis-pourpre, d'excellente saturation, ce 2002 offre un superbe nez, qui semble ne jamais s'arrêter de s'améliorer dans le verre, au fruité très pur et doux, profondément minéral, avec des nuances de graphite, de cuir, un boisé très noble et parfaitement dosé, il change constamment et gagne des subtilités de violette poivrée, de menthol, une douceur de cassis crémeux, une fraîcheur de poivron, c'est vraiment très complexe, sans jamais être exubérant. La bouche est très soyeuse, avec des tannins omniprésents, astringents mais jamais durs, ils tissent une trame très serrée mais d'une grande finesse, laissant une impression sablonneuse, minérale. C'est un vin d'un grand potentiel, très classique mais aussi un tout petit peu moderne, une très belle interprétation de ce que peut être un grand bordeaux du 21e siècle.
(**** ½ - mars/06 - Fed)


 

Pauillac 2002, Château Lafite Rothschild (SAQ 10219348 – 236,00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Nez très discret mais d'une grande finesse, révélant très lentement des arômes fumés, acidulé, des subtiles nuances florales, la rose et le cassis, il gagne des traces boisées très nobles, avec juste un  soupçon de torréfaction. La bouche est vraiment très racée, dotée d'un fruit très tendre mais pur, on le cherche encore et encore sans jamais se lasser, ses tannins sont d'une grande noblesse, si fins qu'ils savent presque s'effacer dans la texture soyeuse du vin, sa finale est très subtile et minérale. C'est un vin tout en dentelle, délicat comme un bourgogne mais avec le profil organoleptique des grands bordeaux, il ne fait rien pour épater mais on apprécie son classicisme, sa manière de séduire sans bousculer et sans rien perdre de son style toujours aussi fin et précis. Voilà la signature d'un très grand vin!
(**** ½ - mars/06 - Fed)

St. Estèphe 2002, Château Cos d'Estournel
Beaucoup plus convenable que la bouteille dégustée en janvier. Rubis-pourpre, de très bonne à excellente saturation. Son nez est profond, goudronnant, très subtilement boisé, plutôt fermé, exception faite de quelques agréables nuances de violette et de tabac blond. La bouche est ample, dense et très veloutée, plutôt accessible, avec des tannins très bien enrobés dans un ensemble presque voluptueux, très profond et minéral, dotée d'une très longue finale réglissée. Beaucoup moins exotique que les meilleurs Cos du passé, mais très complet. 
(**** - mars/06 - Fed)

Haut Médoc "Ma vérité" 2002, Gérard Depardieu (SAQ 10438719 – 120,00$)
Provenant d'une parcelle de 2 hectares à Saint Seurin de Cadourne, village rendu célèbre par le Sociando Mallet, ce vin est un assemblage de cabernet sauvignon (50%), merlot (40$), cabernet franc (5%) et petit verdot (5%). Rubis-pourpre, d'excellente saturation. Son nez offre un mélange de fruit noir très mûr, de chêne beurré et de mine de plomb, avec des accents d'eucalyptus très marqués et persistants, il est très intense, débordant parfois, mais aussi plutôt redondant. Sa bouche est d'un grand volume, riche, crémeuse, très charnue et de très bonne maturité, elle possède des saveurs de fruit noir d'excellente concentration, aux relents de chêne, des tannins très fins et une acidité un peu soutenue en fin de palais. C'est très généreux et son style très moderne plaira au grand public, mais ce n'est pas du bordeaux! Il ne possède aucune typicité et dégusté à l'aveugle il passerait peut-être pour un cabernet australien, mais pas pour un Haut Médoc!
(*** ½ - mars/06 - Fed)

St. Estèphe 2002, Château Montrose (SAQ 10219516 – 83,00$)
Rubis-pourpre, de très bonne. Plutôt fermé, avec des notes de fruits noirs acidulés plutôt réticentes, ainsi que des nuances vaguement animales, il s'ouvre lentement vers des nuances florales très élégantes, un boisé fin aux traces de mine de plomb. Sa bouche est très linéaire, structurée, aux tannins très fins et serrés, plutôt fermé pour le moment, il laisse la sensation d'une longue minéralité. Très classique, un peu austère, c'est un vin qui offre un plaisir purement intellectuel aujourd'hui et même si on finit par aimer son ingratitude très raffinée il serait préférable de lui laisser le temps de s'épanouir, son potentiel est grand.
(**** @ **** ½ - mars/06 - Fed)


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Federico