Bordeaux 2001 - côté merlot
la dégustation du 3 avril 2005

Pomerol  2001, Château La Croix de Gay
St. Émilion  2001, Château La Fleur du Casse
Ludi  2001, Velenosi
.
St. Émilion  2001, Château Trianon
St. Émilion  2001, Château Quinault Lenclos
Pomerol  2001, Château Trotanoy
Pauillac 2001, Château Pichon Lalande
Cahors "le cèdre" 2001, Château Le Cèdre

 

 

  QUELQUES MOTS

Ce deuxième rendez-vous avec les vins de Bordeaux du millésime 2001 (après la dégustation du 17 octobre) avait pour but de se concentrer plus particulièrement sur les vins de la rive droite, là où le merlot est le roi incontesté. 

Pour rendre la dégustation plus intéressante, chaque volet incluait un vin pirate. Le deuxième volet, en fait, en comptait deux, car le Pichon Lalande, même s'il contient plus d'un tiers de merlot dans son assemblage, demeure un vin du Médoc. 

Résultats
Aucune compétition dans le premier volet, la domination du Pomerol de Château La Croix de Gay (un producteur toujours très fiable dans cette fourchette de prix) a écrasé tout le monde avec son merveilleux fruité d'une maturité solide et son boisé très flatteur. Le vin fantôme (un assemblage italien de montepulciano, cabernet sauvignon et merlot) est plutôt mal passé, prenant des allures de grosse brute en comparaison avec les bordeaux. Tout le monde a identifié le vin #3 comme la fantôme, mais seulement quatre membres du panel on identifié l'Italie comme son pays d'origine (Chili et Australie étaient les pays plus cités).

Dans le deuxième volet la lutte n'a guère été plus serrée et encore une fois c'est le vin au boisé le plus flatteur (le Quinault Lenclos) qui a largement dominé. Les avis ont été plutôt partagés sur le Trotanoy, certains le trouvant très réussi, alors qu'une petite majorité a été légèrement déçue par une apparente simplicité. Seulement trois dégustateurs ont identifié le Pichon Lalande correctement, dans le verre #4. Presque tout le monde a situé le vin fantôme dans le cinquième verre, mais seulement deux dégustateurs ont reconnu l'origine française du vin (croyant erronément que ce fut un vin du Languedoc) alors que les pays plus cités par le reste du groupe étaient l'Espagne et la Californie.

Pour plus d'informations sur ces vins vous pourrez consulter le tableau ci-bas ainsi que les notes de dégustation qui suivent.

 

     

 
  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de préférences reçues par chaque vin (chaque dégustateur ayant droit à un vote de préférence par volet). Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. Occasionnellement, quand je crois que ça peut faciliter la compréhension du lecteur, j'ajoute une équivalence sur une échelle 100 points.

VINS DÉGUSTÉS

VOTES

MES NOTES

La Croix de Gay 2001

11

*** ½ @ ****
La Fleur du Casse 2001

3

*** @ *** ½
Ludi - Velenosi 2001

0

***
. 

 

 
Trianon 2001

0

*** ½
Quinault Lenclos 2001

11

****
Trotanoy 2001 0 ****
Pichon Lalande 2001 2 *** ½ @ ****
Le Cèdre 2001 1 *** ½ @ ****


 

 
  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Les vins sont toujours dégustés à l'aveugle.Les notes de dégustation sont présentées selon le même ordre dans lequel les vins se sont retrouvés une fois avoir été placés dans les sacs et mélangés pour obtenir un ordre de service aléatoire.

 

Pomerol 2001, Château La Croix de Gay
Belle robe, rubis-pourpre, limpide et d'un bel éclat, très bonne saturation. Nez très flatteur, étonnamment mûr au début, avec des notes de cassis presque confituré, aux nuances passagères de poivron et de violette, évoluant vers le chêne, avec des accents de vanille très flatteurs, avant que le vin ne révèle sa vraie nature avec des notes plus épicées et minérales. La bouche, de corps moyen, est dotée d'un fruité très mûr et généreux, liqueur de cassis et de cerises noires, doux, vanillé, avec des tannins assez fermes, mais fins et très bien enrobés, la finale, réglissée/minérale est de bonne longueur. C'est un Pomerol flatteur et séduisant, très complet, une excellente réussite.
(*** ½ @ **** - avril/05 - Fed)

St. Émilion 2001, Château La Fleur du Casse (SAQ 10273281 – 40, 50$)
Rubis, très bonne saturation. Les arômes de cassis qui se dégagent du nez sont de bonne maturité et s'alternent à des notes plus sombres de cuir et de goudron, le chêne apporte quelques nuances très subtiles de mine de plomb et un quelque chose de résineux. La bouche est plutôt serrée, avec des tannins un brin rugueux qui laissent une impression de verdeur en milieu de palais et une matière fruitée un peu courte qui offre des saveurs de cassis s'éteignant un peu trop hâtivement. Il va fort probablement gagner quelque chose en termes de rondeur et d'ampleur avec quelques années de garde, mais ce ne sera jamais un grand St. Émilion.
(*** @ *** ½ - avril/05 - Fed)

Ludi 2001, Velenosi
Robe opaque, de couleur sang de bœuf. Nez très profond et viril, offrant des arômes de tabac et de café, de liqueur de prunes et autres fruits secs, avec des nuances de caoutchouc qui laissent croire à un brin de surextraction et à une surchauffe du chêne qui a abrité ce vin pendant son élevage. La bouche est ample, mûre et plantureuse, beaucoup de matière, une sorte d'extrait de prunes et de goudron, avec des tannins plutôt secs qui s'endurcissent sur le milieu de palais. Un vin costaud et généreux, mais pour la finesse il faudra chercher ailleurs.
(*** - avril/05 - Fed)

 



St. Émilion 2001, Château Trianon (SAQ 10222416 – 68, 00$)
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Mûr et profond, s'exprimant avec une certaine discrétion, ce vin offre des arômes de prune et de cerise, avec des nuances de violette et un boisé qui laisse des notes très subtiles de cola. La bouche est mûre et de très bonne concentration, dotées d'une belle matière fruitée, aux saveurs de mûres et de prunes, avec caractère cuiré, réglissé, minéral, très appréciable et de bonne persistance en fin de bouche. Un vin bien nourri, qui devrait évoluer positivement.
(*** ½ - avril/05 - Fed)

St. Émilion 2001, Château Quinault Lenclos
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très boisé, offrant des notes luxurieuses de chêne neuf, aux nuances de mine de plomb qui offrent la fraîcheur de la violette, du poivron vert et du gazon matinal, avec la profondeur complexe d'une belle minéralité. La bouche est ample, pleine et dotée d'une très belle fluidité, offrant des saveurs juteuses et stimulantes de mûres et de cassis, de très bonne concentration, détaillées par de très beaux accents épicés et boisés, avec des tannins très fins qui s'affirment en arrière bouche. Un vin très expressif et vibrant, très séduisant mais réellement complet. Il devrait évoluer très positivement.
(**** - avril/05 - Fed)

Pomerol 2001, Château Trotanoy
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Un peu renfermé sur lui-même mais d'une grande profondeur, le nez de ce Trotanoy se dégourdit lentement offrant des notes de fruits rouges bien mûrs, avec un caractère fumé, minéral très distingué. Bouche ample et d'excellent volume, avec un fruit de cassis très pur et net, d'excellente concentration, sise sur une structure serrée aux tannins très mûrs et parfaitement enrobés, aboutissant sur une très longue finale minérale/réglissée. Un vin flegmatique mais très réussi.
(**** - avril/05 - Fed)

Pauillac 2001, Château Pichon Lalande
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Très joli nez, dans lequel des arômes de petits fruits rouges acidulés, de mûres et de cerises noires s'entremêlent à des notes assez complexes de cuir, d'épices, de sous-bois et de musc. La bouche est mûre et assez souple, avec une matière fruitée ample et généreuse, qui le rend plutôt accessible pour un Pauillac de si jeune âge, ce qui n'est pas très étonnant: il s'agit, après-tout, d'un Pichon Lalande. Équilibré et plutôt réservé, il semble gagner en caractère et en longueur au fur et à mesure qu'il s'oxygène dans le verre, ajoutant quelques caudalies de minéralité à sa fin de bouche. Il ne faudrait pas se laisser tromper par sa précocité, c'est un vin qui saura récompenser la patience de ses propriétaires. 
(*** ½ @ **** - avril/05 - Fed)

Cahors "le cèdre" 2001, Château du Cèdre (SAQ 10268537 – 60,00$)
Pourpre, excellente saturation. Le nez est vraiment très profond, offrant des arômes d'encre de chine très frais qui semblent renfermés dans une enveloppe de chêne aux nuances résineuses et épicées. Il est intéressant et monolithique en même temps. La bouche est très dense et puissante, on sent l'alcool et la structure tannique ferme, astringente mais d'une finesse très appréciable, très cohérente avec le nez, elle aboutit dans une longue finale aux nuances de viande séchée. Cette cuvée, entièrement produite entièrement à base de Malbec, a définitivement été conçue pour la longue garde, mais son équilibre et sa grande plénitude font en sorte qu'il n'est pas impensable de pouvoir l'apprécier dès maintenant, sur une belle pièce de gibier saignante.
(*** ½ @ **** - avril/05 - Fed)
 
 

   


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Federico