Dixième anniversaire : Saint Estèphe '89 & '94
la dégustation du 20 février 2005

St. Estèphe  1994, Château Meyney
St. Estèphe 1994, Château Cos d'Estournel
St. Estèphe 1994, Château Montrose
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St. Estèphe 1989, Château Cos d'Estournel
St. Estèphe 1989, Château Montrose
St. Estèphe 1989, Château Meyney
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St. Estèphe 1982, Château Cos d'Estournel

 

 

  QUELQUES MOTS

Concept
Pour le 10e anniversaire du club de dégustation, on s'est payé la traite : une dégustation de grands St. Estèphe à maturité, culminant avec un légendaire Cos d'Estournel 1982. Un des aspects les plus intéressants de cette soirée était de pouvoir déguster deux volets parfaitement identiques sur deux millésimes complètement différents : le premier sur le millésime '94, élégant mais un peu léger; le deuxième sur le grand 1989, mûr, chaud et puissant.

Logistique
Quand on organise une dégustation de vieux millésimes la logistique est très importante, mais il faut aussi être un peu chanceux car on ne peut jamais prévoir l'état des bouteilles. Et bien, nous avons été très chanceux car toutes les bouteilles semblaient être en conditions optimales ou presque optimales. Pour ce qui est de la logistique, toutes les bouteilles ont été placées à la verticales cinq jours avant la dégustation et tous les vins ont été décantés quelques minutes avant le service pour enlever le gros des matières solides. 

Typicité
Dans les deux volets de cette dégustation à l'aveugle (étonnamment, encore plus dans le deuxième, avec les vins plus âgés, que dans le premier) le groupe a connu un taux de succès relativement élevé dans l'identification des vins, ce qui indique quand même que ces crus de Bordeaux possèdent un certain niveau de typicité, une signature. 

Le Cos, qui est peut-être le plus typé des tous les vins de Bordeaux, a été facilement reconnaissable dans les deux volets : dès que, en humant un vin, le nez était séduit par des effluves irrésistibles de torréfaction, de chêne et d'épices, on avait trouvé le Cos. Distinguer le Meyney du Montrose aurait pu être un peu plus compliqué, mais c'est justement à ce point que j'introduis l'autre thème récurrent de la soirée : quel grand vin de structure et de terroir qu'est le Montrose. Sa droiture et sa minéralité étaient beaucoup plus subtiles et peut-être moins fascinantes, sur le coup, que les notes d'élevage du Cos, mais la présence en bouche des deux vins de Montrose offerts dans cette dégustation demeure, à mon avis, un des faits saillants de la soirée.

Résultats
Le Meyney s'est fort bien défendu. N'eut été pour sa plus grande évolution, il aurait été très difficile de le distinguer des deux autres crus, qui sont pourtant infiniment plus renommés et deux ou trois fois plus dispendieux. C'est cette même évolution qui l'a probablement avantagé dans le premier volet, alors qu'il est passé bien proche de remporter tous les honneurs. Le premier volet a surtout été marqué par la déception d'une bouteille de Cos fabuleuse au nez mais très introvertie en bouche. C'est le Montrose qui a justement remporté le plus grand nombre de votes dans le volet des 1994. 

Avec les '89, il n'y a pratiquement jamais eu de compétition: le Cos a balayé tout le monde du revers de son... nez! Tout un bouquet! Encore une fois plein de notes de torréfaction et de chêne mais cette fois-ci il était soutenu par une bouche vraiment digne de ce cru. Il a fait le bonheur de tous, sans rien enlever au deux autres vins, surtout au Montrose qui était doté d'une structure et d'une puissance tout simplement majestueuses.   

Pour plus d'informations sur ces vins vous pourrez consulter le tableau ci-bas ainsi que les notes de dégustation qui suivent.

     

 
  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de préférences reçues par chaque vin (chaque dégustateur ayant droit à un vote de préférence par volet). Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. Occasionnellement, quand je crois que ça peut faciliter la compréhension du lecteur, j'ajoute une équivalence sur une échelle 100 points.

VINS DÉGUSTÉS

VOTES

MES NOTES

Château Meyney '94

5

*** ½
Cos d'Estournel '94

2

*** ½ @ ****
Château Montrose '94

6

**** @ **** ½
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Cos d'Estournel '89

10

**** ½
Montrose '89

2

**** ½
Meyney '89 1 *** ½  


 

 
  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Les vins sont toujours dégustés à l'aveugle.Les notes de dégustation sont présentées selon le même ordre dans lequel les vins se sont retrouvés une fois avoir été placés dans les sacs et mélangés pour obtenir un ordre de service aléatoire.

LES 1994 

St. Estèphe 1994, Château Meyney
Rubis, de bonne saturation, aux reflets grenat. Le nez est très terreux au début, avec des nuances de prunes et de cuir, qui se font un peu animales, avant de gagner un brin de douceur et des accents de sucre brun. La bouche est assez dense et de très bonne concentration, avec un caractère minéral-réglissé très appréciable, sa texture est fine, soyeuse et plutôt tendre, il gagne des saveurs de cassis et de sucre brun et sa finale est chaude et épicée, de bonne longueur. Très joli bordeaux, une aubaine pour le prix de l'époque (29$). Déjà très accessible, mais rien ne presse. AM: jusqu'en 2010.
(*** ½ - fév./05 - Fed) 

St. Estèphe 1994, Château Cos d'Estournel
Rubis-grenat, bonne saturation. Le nez est la signature du château : plein et somptueux, débordant de notes de chêne torréfié, de moka et d'épices fines; complexe, doux et charmeur, même s'il cache quelques nuances de poivron. La bouche est un peu décevante, très fluide, avec des tannins légèrement astringents, des saveurs épicées et une finale de prunes légèrement alcooleuse. On dirait qu'il est encore dans une phase fermée car il s'améliore considérablement au fur et à mesure qu'il s'oxygène dans le verre et semble gagner plus de volume en bouche. Nettement moins satisfaisant que la bouteille goûtée à l'automne 2003. AM: 2008@ 2014.
(*** ½ @ **** - fév./05 - Fed)

St. Estèphe 1994, Château Montrose
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très joli nez, profond et complexe, avec de superbes nuances de violette, du cassis très pur, un caractère minéral très terroir, c'est vraiment la grande classe. L'attaque est veloutée et de bonne densité, la bouche est marquée par des tannins fermes, serrés, légèrement astringents, des saveurs épicées et minérales, qui développent des accents de tabac et de goudron, un fruit de cassis très pur. Très bonne concentration et longueur. Ce vin est une très grande réussite pour Montrose, on dirait un vin d'un bien meilleur millésime que '94 et c'est un vin qui possède encore un grand potentiel de garde. AM: 2009 @ 2019.
(**** @ **** ½ - fév./05 - Fed) 


LES 1989 

St. Estèphe 1989, Château Cos d'Estournel
Rubis-grenat, bonne saturation. Un peu réticent au début, le nez développe les classiques notes de chêne et de torréfaction qui distinguent les vins de ce château, complexe, évolué, il possède des nuances d'épices et de croûte de pain, avec une fraîcheur de violette. L'attaque est veloutée, la bouche est de corps moyen, très savoureuse, épicée, avec des saveurs de goudron, de tabac et de café, des tannins soyeux, très élégants, une finale réglissée, très longue. Il a perdu un peu de vigueur, mais c'est un vin qui possède encore beaucoup de classe et de charme, ainsi qu'une certaine jeunesse. AM: jusqu'en 2011.
(**** ½ - fév./05 - Fed) 

St. Estèphe 1989, Château Montrose
Rubis-grenat, très bonne saturation. Très imposant, ce Montrose est un vin puissant, mûr et profond, qui manifeste toute la chaleur et la maturité du millésime, offrant des notes de liqueur de prunes et de goudron, il gagne un peu de fraîcheur en s'oxygénant, avec des nuances de cassis, de violette et d'encre qui s'ajoutent à sa palette aromatique. La bouche est ample et pleine, d'excellente concentration, encore plutôt serrée et tannique, offrant une belle mâche au palais, des saveurs de liqueur de cassis, d'épices et de tabac et beaucoup de persistance et d'intensité en fin de bouche. Moins charmeur que Cos, mais certainement plus complet, ce Montrose '89 est encore très vigoureux et pourrait continuer à évoluer pendant plus d'une décennie. AM: jusqu'en 2019.
(**** ½ - fév./05 - Fed)

St. Estèphe 1989, Château Meyney
Rubis-grenat, de bonne saturation. Un peu monolithique au début, marqué par un caractère iodé qui évolue lentement vers des notes minérales et réglissées, avec des nuances herbacées de céleri et d'olive verte. La bouche est veloutée et de bonne densité, avec des saveurs de goudron et de tabac de très bonne concentration, des tannins assez fins et une finale de tabac et d'épices d'assez bonne longueur. C'est un vin sombre, riche, chaud, un peu évolué mais  encore très intéressant. À boire.
(*** ½ - fév./05 - Fed)  


LE '82  

St. Estèphe 1982, Château Cos d'Estournel
Grenat, bonne saturation. Un vin gentleman, attendri par l'âge mais encore d'une grande classe, offrant des notes mûres et douces de tabac blond et d'herbes, une bouche souple et d'une grande finesse, jouant sur la dentelle, avec un caractère de tabac blond très délicat mais persistant. Très belle bouteille, qui semble être rendue à bout de ses capacités de garde et qu'on apprécie pour toute sa sagesse. 
(**** ½ - fév./05 - Fed) 

 

   


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Federico