Bourgogne '99 & '00: un suivi
la dégustation du 5 décembre 2004

Corton Charlemagne grand cru 2000, Bonneau du Martray
Chablis 1er cru "les lys" Domaine Long Depaquit 2000, Albert Bichot
Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche 2000, Drouhin
.
Beaune 1er cru "les Teurons" 1999, Jacques Germain
Pinot noir Carneros 1999, Saintsbury
Nuits Saint Georges "grandes vignes" 1999, Daniel Rion
Gevrey Chambertin vieilles vignes 1999, Esmonin

 

QUELQUES MOTS

 

Cette dégustation avait pour but de nous donner des indications sur l'évolution des bourgognes 1999 en rouge et 2000 en blanc. En plus, bien sûr, de goûter des vins que nous n'avions pas eu la chance de voir précédemment.

Chacun des deux volets a été dominé par un vin et dans les deux cas il ne s'agissait pas du vin qui aurait du être le favori sur papier. Le volet des blancs a été un monologue du Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche, un vin de village qui a battu (et largement) un Chablis premier cru, ainsi qu'un grand cru de la Côte d'or. 

Toutefois, c'est le deuxième volet qui nous a réservé les plus belles surprises. Un intrus, le Pinot Noir Carneros de la maison Saintsbury, a triomphé dans un volet de bourgognes produits par des maisons tout à fait respectables, comme Rion, Germain et Esmonin. Et croyez-moi, il ne s'agit pas d'une mauvaise performance de la part des bourgognes car ils étaient tous très bien faits. La raison de ce résultat est tout simplement l'extraordinaire qualité du pinot de Saintsbury, qui méritait nettement de gagner cette dégustation.

Ce qui est encore plus surprenant est qu'une seule personne a reconnu correctement le Saintsbury dans cette dégustation à l'aveugle. Et ce n'est pas la première qu'un pinot noir de cette maison nous surprend dans une dégustation de bourgogne. Il y a quelques années, un Carneros '96 nous avait carrément bouleversé dans un volet de premiers crus et grands crus de la Côte d'or du même millésime. Le pinot noir Carneros de Saintsbury, le plus petit produit par cette maison, gagne des arômes de pinot tellement complexes, après quelques années de bouteille, qu'on peut difficilement se convaincre qu'il s'agisse d'autre chose que d'un bon bourgogne. Je me fais avoir à tous les coups! Heureusement, je ne suis pas le seul...

Pour plus d'informations sur ces vins, vous pourrez consulter le tableau ci-bas, ainsi que mes notes de dégustation.

 

 

  LE TABLEAU

Le tableau suivant montre, dans la colonne "votes", le nombre de préférences reçues par chaque vin (chaque membre du groupe ayant droit à un vote de préférence par volet). Vous trouverez ensuite le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin. 

VINS DÉGUSTÉS VOTES

MES NOTES

les blancs 2000
Corton Charlemagne grand cru

1

*** ½ @ ****
Chablis 1er cru "les lys" Domaine Long Depaquit

0

***
Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche

14

****
.
les rouges 1999
Beaune 1er cru "les Teurons"

3

*** ½
Pinot noir Carneros 9 *** ½  
Nuits Saint Georges "grandes vignes" 0 *** ½
Gevrey Chambertin vieilles vignes 3 *** ½


 

 

  LES NOTES DE DÉGUSTATION

Les vins sont toujours dégustés à l'aveugle.Les notes de dégustation sont présentées selon le même ordre dans lequel les vins se sont retrouvés une fois avoir été placés dans les sacs et mélangés pour obtenir un ordre de service aléatoire.

 

Corton Charlemagne grand cru 2000, Bonneau du Martray (899 526 – 121,00$)
Doré, pâle. Le nez est très complexe, avec des notes un peu chimiques de fard et de vernis, ainsi que des nuances un peu plus délicates de crème de mandarine. La bouche est assez onctueuse, souple et très complexe, avec des fines nuances beurrées qui enveloppent les saveurs de pomme et d'épices, ainsi qu'un caractère chimique cohérent avec le nez. Bonne concentration. C'est un vin déjà très accessible, mais il pourrait gagner un peu plus de netteté au nez avec quelques années de cave. AM : jusqu'en 2009+.
(*** ½ @ **** - déc./04 - Fed)

 

Chablis 1er cru "les lys" Domaine Long Depaquit 2000, Bichot (10278920 – 44,75$)
Doré, bonne intensité. Le nez est plutôt minéral, avec des notes qui rappellent les coquillages sur le bord de la mer. La bouche est de corps moyen, finement minérale et légèrement alcooleuse. Plus expressif que la bouteille goûtée il y a trois mois, mais toujours pas convaincant.
(*** - déc./04 - Fed)

 

Chassagne Montrachet Marquis de Laguiche 2000, Drouhin (738 799 – 86,00$)
Assez différent du style très subtil et fin de la gamme Drouhin, ce Chassagne offre des notes presque ostentatoires de chêne toasté, avec des nuances de pain grillé et de levure, ainsi que des relents de soufre qui toutefois s'estompent au fur et à mesure que le vin s'oxygène. La bouche est de bonne densité, entremêlant des notes minérales  à un boisé grillé très prononcé. Un vin de très bonne concentration et long, mais excessivement marqué par le chêne en ce moment. Il pourrait devenir vraiment exceptionnel si quelques années de cave lui permettaient de transformer sa charge de bois en réélle complexité. À revoir dans deux ou trois ans. 
(**** - déc./04 - Fed)

 


 

Beaune 1er cru "les Teurons" 1999, Jacques Germain
Rubis, bonne saturation. Le nez offre des notes épicées de cerise et de tabac. La bouche est de bonne densité, avec des notes de réglisse et de tabac, un milieu de palais mûr, une texture assez soyeuse et légèrement astringente en fin de bouche. Bien fait. Il a encore besoin de quelques années avant d'atteindre son plein potentiel. AM : 2007@2012.
(*** ½ - déc./04 - Fed)

 

Pinot noir Carneros 1999, Saintsbury
Il est toujours un peu déroutant de constater comment ce pinot noir californien prend des allures bourguignonnes après quelques années de bouteille. Aujourd'hui il offre un nez renversant de complexité, avec des notes de cerise confite aux nuances florales, épicées, poivrées, avec des accents très subtils d'aneth. La bouche est de corps moyen, un peu chaleureuse, avec des saveurs de cerise à l'alcool, un milieu de palais légèrement sucré et une finale de bonne longueur. Très expressif. À boire maintenant!
(*** ½ - déc./04 - Fed)

 

Nuits Saint Georges "grandes vignes" 1999, Daniel Rion
Rubis-pourpre, très bonne saturation. Le nez est terreux, médicamenteux, avec des notes de cerise à l'alcool et des nuances minérales, cuirées, mentholées. La bouche est pleine, assez serrée, terreuse, austère, avec des saveurs de tabac et de réglisse. Savoureux et doté d'un beau caractère. Belle bouteille. AM : 2007@2012.
(*** ½ - déc./04 - Fed)

 

Gevrey Chambertin vieilles vignes 1999, Esmonin
Rubis, limpide, bonne saturation. Discret, offrant des notes de prune, de tabac et de cerise de terre, aux nuances de cèdre. La bouche est soyeuse et équilibrée, de corps moyen, avec des saveurs minérales et poivrées.
(*** ½ - déc./04 - Fed)

 


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Federico