compte rendu

BORDEAUX '97


Quelques mots... Le tableau Notes

 

Pauillac 1997, Pontet Canet
Saint Julien 1997, Gruaud Larose
Haut Médoc 1997, Sociando Mallet
Margaux
1997, Ferrière
St. Émilion 1997, Canon
St. Émilion 1997, Angélus
Pomerol
1997, La Conseillante
Pauillac 1997, Lafite Rothschild
Margaux 1997, Château Margaux
Pomerol 1997, Pétrus
Pessac Léognan 1997, Haut Brion
Pauillac 1997, Latour

 


quelques mots

UNE CRITIQUE

Le 2 novembre, à l’hôtel Intercontinental de Montréal, la Société des Alcools du Québec organisait une grande dégustation de Bordeaux 1997. Je survole sur ces détails de logistique que les organisateurs peuvent avoir négligé dans le but de maintenir les coûts et, en conséquence, le prix de la dégustation. Faire la ligne comme à la cafétéria de l’école pour obtenir mon verre de Lafite me semble toujours un peu absurde, mais je peux comprendre.

Ce qui m’a le plus marqué, ce soir là, c’est que les organisateurs aient prit la peine de faire produire un beau livret pour annoncer l’ordre de présentation des vins pour chaque table et qu’ils aient oublié d’y insérer à l’intérieur des pages blanches pour que les dégustateurs puissent prendre des notes sur les vins qu’ils ont dégusté. Ainsi, tout au long de la soirée j’ai vu des gens gribouiller sur des serviettes en papier ou sur les recoins de leur livret ce qu’ils pensaient de leur vins préférés (seuls les plus prévoyants avaient pris la peine de s’amener des feuilles, au cas où...). Ce manque de tact m’a rappelé, une fois de plus, que la grandes têtes de la SAQ confient l’organisation de ces événements à des gens qui n’ont pas l’habitude de participer à des dégustations, peut-être parce que ça ne les intéresse pas (allez savoir pourquoi on leur demande d’en organiser ensuite). Il me semble que, quand on prend la peine de rassembler près de trois cent personnes pour leur faire déguster quelques uns des meilleurs vins du monde, il y a des bonnes chances que les gens veuillent prendre des notes.

Certainement, la personne qui a été responsable de cet oubli est la même qui a pris la peine d’envoyer aux abonnés du Courrier Vinicole une lettre annonçant la merveilleuse verticale des vins de Pichon Lalande et de Sociando Mallet, en nous spécifiant avec de beaux mots combien précieuse et rare était l’occasion de goûter ces vins et en oubliant de nous faire savoir combien ou quels millésimes de ces vins nous pouvions déguster pour la modique somme de 175$. Il me semble que, quand un amateur désire acheter une compilation des meilleures chansons de son artiste préféré, la première chose à laquelle il s’intéresse c’est de voir quelles chansons il y a sur le disque. Mais ce concept doit dépasser l’imagination de la personne en question.

Les têtes de la SAQ ont toutes dû réussir leurs cours de gestion car leur travail est toujours très soigné et bien présenté, en apparence. Mais quelqu’un devrait leur dire que, si l’apparence a une importance non-négligeable, elle n’est jamais aussi importante que le contenu.

 

LES VINS

J’imagine que ça ne surprendra personne, mais il faut bien que je le dise : les bordeaux 1997 ne feront jamais oublier à personne les merveilleux, classiques ’96, les fruités et mûrs ’95 et même pas les charmants ’94. Les vins sont, pour la plupart, acides, avec des tannins un peu rêches et manquent souvent d’intensité dans le fruit et de longueur en fin de bouche. Si on ajoute à cela que 1997 a été un des millésime les plus chers de l’histoire de Bordeaux (sinon LE plus cher) il est facile de comprendre pourquoi la SAQ, ainsi que beaucoup d’autres détaillants de vins, vont être obligés de les offrir à rabais à leurs clients.

Pour vous donner une idée (j’ai toujours aimé ce genre de comparaisons) les 1997 ressemblent à un mélange de 1993 et 1992 : plusieurs d’entre eux ont un beau fruité, comme les ’92, mais ils manquent de volume et sont marqués par des tannins pas assez mûrs et une acidité un peu trop soutenue.

Je vous invite à lire les notes qui suivent pour en savoir plus.

 


le tableau

Le tableau suivant montre, dans la colonne "vote", le nombre de dégustateurs qui ont préféré chaque vin.
L'astérisque indique le vin que j'ai préféré dans chacun des volets.
La dernière colonne indique le pointage (sur 5 étoiles) que j'ai accordé à chaque vin.

VINS DÉGUSTÉS

Pauillac 1997, Pontet Canet ***
Saint Julien 1997, Gruaud Larose *** @ *** ½
Haut Médoc 1997, Sociando Mallet *** ½ @ ****
Margaux
1997, Ferrière
*** ½
St. Émilion 1997, Canon *** @ *** ½
St. Émilion 1997, Angélus ****
Pomerol
1997, La Conseillante
*** @ *** ½
Pauillac 1997, Lafite Rothschild **** @ **** ½
Margaux 1997, Château Margaux **** @ **** ½
Pomerol 1997, Pétrus ****
Pessac Léognan 1997, Haut Brion ****
Pauillac 1997, Latour ****

 


notes

 

Pauillac 1997, Château Pontet Canet
Robe pourpre grenat de bonne saturation. Le nez est de chêne et de cuir, pas très ouvert. La bouche est marquée par une acidité soutenue et un manque de moelleux, un fruité moyen et peu de finale. Plutôt ingrat.
(*** - Fed > 02.11.2000)

St. Julien 1997, Château Gruaud-Larose
Robe pourpre de bonne saturation. Nez à peine végétal, avec des notes de cassis. Il est moins boisé qu’une bouteille que j’ai dégusté au printemps. En bouche, le tannin est serré et puissant, mais très fin. Juteux en arrière bouche, mais la finale est très légère.
(*** @ *** ½ - Fed > 02.11.2000)

Haut Médoc 1997, Château Sociando Mallet
La robe pourpre de très bonne saturation est classique de ce vin. Le nez est assez expressif, avec des notes de chêne et de violette. En bouche il a une très belle densité, il est profond et doté d’une texture serrée; cassis, chêne et mine de plomb marquent le milieu de palais de bonne concentration, mais il a une finale un peu sèche. C’est quand même un effort remarquable pour le millésime, un des meilleurs vins de cette dégustation en dehors des premiers crus.
(*** ½ @ **** - Fed > 02.11.2000)

Margaux 1997, Château Ferrière
Nez de fumée et d’anis. La bouche de corps moyen est plutôt acide, mais la fin de bouche a une belle note réglissée qui persiste. Bien fait.
(*** ½ - Fed > 02.11.2000)



St. Émilion 1997, Château Canon
La robe rubis, de bonne saturation est marquée par quelques reflets grenat. Le nez est d’un charme très subtil, avec des notes de chêne entremêlées de violette. En bouche, il est assez frêle de corps, mais il est doté d’un beau fruité – cassis, finement nuancé de vanille – de bonne concentration. Surprenant, bien fait, mais il ne fera pas de vieux os.
(*** @ *** ½ - Fed > 02.11.2000)

St. Émilion 1997, Château Angélus
Pourpre de très bonne saturation, comme pour Sociando, la robe de l’Angélus ne déçoit jamais. Le nez est assez fermé, mais on perçoit des notes de chêne, d’épice, de violette et de cassis. Excellente concentration en bouche, un exploit pour le millésime, le vin possède des saveurs de cassis mûres et profondes en milieu de bouche et sa densité est vraiment remarquable (toujours dans le contexte d’un 1997). Angélus, en plus des autres, peut se vanter d’avoir même une finale de longueur discrète. Très beau, mais c’est quand pas assez pour justifier son prix de 145$.
(**** - Fed > 02.11.2000)

Pomerol 1997, Château La Conseillante
Je me serais attendu plus de ce vin. Le nez, marqué d’une pointe végétale, annonce déjà quelques faiblesses. La bouche est élégante, de corps léger-moyen mais, comme pour Canon, on a réussi à extraire un maximum de fruit en milieu de palais, les saveurs de cassis sont vive et de très bonne concentration. La finale, par contre, est assez insipide.
(*** @ *** ½ - Fed > 02.11.2000)



 Pauillac 1997, Château Lafite-Rothschild
La robe pourpre est de très bonne saturation. Le nez est superbe, un peu fermé et discret, mais profond et parfaitement typé Pauillac, avec des notes de chêne épicé, de cassis à peine vanillé et une fine présence de poivron. La bouche ample et de bonne concentration m’a semblé être celle dotée du meilleur équilibre parmi tous les premiers crus, les tannins sont très fins et serrés et bien enrobés par une chair dense; les saveurs de cassis sont acidulées et de bonne concentration. Le vin devient de plus en plus ample au fur et à mesure qu’il séjourne dans le verre. La finale est très bonne. On aurait difficilement pu faire mieux que ça dans ce millésime.
(**** @ **** ½ - Fed > 02.11.2000)

Margaux 1997, Château Margaux
Margaux n’a peut-être pas la même plénitude et le même équilibre de Lafite en 1997, mais rien ne se compare à son nez. Il est tout simplement somptueux. Il y a quelque de magique dans son charme. C’est très intense et parfumé à souhait, le chêne amène des notes de mine de plomb et d’encre, il y a de l’épice, un soupçon de champignon et un fruité de cassis nuancé de violette; il est doux, complexe, profond, on ne peut s’en lasser! La bouche est loin d’être aussi charmante, elle est doté d’une charge tannique presque explosive, serrée, puissante; le milieu de palais est un peu âpre et astringent, l’apport du fruit ne semble pas être suffisant en ce moment pour créer un équilibre adéquat. La finale est juteuse et de bonne longueur. S’il réussit à sortir de sa coquille de tannins il sera vraiment fantastique.
(**** @ **** ½ - Fed > 02.11.2000)

Pomerol 1997, Château Petrus
Le nez est complexe et on reconnaît le caractère de ce vin, chêne, épice, anis et une nuance fromagée. La bouche est tannique, mais fine et bien équilibrée. Comme dans tous les autres millésimes de Petrus que j’ai goûté, il faut en convenir que c’est un vin très bien fait, mais sans rien d’épatant.
(**** - Fed > 02.11.2000)

Pauillac 1997, Château Latour
Pourpre grenat très profond, mais loin de la saturation du mémorable ’96. Le nez est très fermé, avec quelques notes d’encre, de cuir et de violette. La bouche est encore plus fermée et dure, on remarque des saveurs de cuir, de chêne et d’épices, les tannins sont puissants et un peu âpres, mais assez bien enrobés, il y a beaucoup d’acidité en milieu de palais et la finale est plutôt silencieuse. Il me semble un peu disjoncté en ce moment, ce qui est plus que normal pour Latour. L’important est que tous les ingrédients soient là pour qu’il devienne un grand vin et il me semble que c’est le cas.
(**** - Fed > 02.11.2000)

Pessac-Léognan 1997, Château Haut Brion
Le nez est un peu piquant, avec des notes végétales, un peu de menthe, du chêne et des épices. La bouche est tannique, un peu astringente et me semble considérablement plus mince que les autres premiers crus. La seule chose qui le sauve est sa finale, qui est de bonne longueur.
(**** - Fed > 02.11.2000)

 

 


 


NB: L'ordre de présentation des notes de dégustations reflète celui dans lequel les vins se sont retrouvés lors de la dégustation.
Le pointage et les commentaires reflètent mon opinion de chaque vin.
Federico

 

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