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VINS DÉGUSTÉS:
- Soave "Capitel Foscarino"
1997, Anselmi
24$
- Sauvignon Marlborough
1997, Cloudy Bay
21$
- Sauvignon "Poggio alle Gazze"
1996, Tenute dell'Ornellaia 25$
- Pouilly Fumé "Pur
Sang" 1994,
Didier Dagueneau
41$
- Tignanello
1995, Antinori
47$
- Vigorello
1995, San Felice
33$
- Cepparello
1995, Isole & Olena
42$
- Flaccianello
1995, Fontodi
48$
- Échezeaux
1995, Dom. Romanée Conti 155$
La dégustation s'est déroulée en deux volets, en commençant par une comparaison de vins blancs qui portait sur le cépage sauvignon, pour suivre avec le volet principal: les Vino da Tavola 1995 de Toscane. Tous les vins ont été dégustés à l'aveugle.
Les résultats
Les blancs:
C'était le volet facile de la soirée, les vins venaient tous de régions aux climats très différents. Toutefois, la comparaison a été très amusante. Le Pouilly-Fumé "Pur Sang" a été le plus voté des vins (même si plusieurs dégustateurs ont eu de la difficulté avec son acidité très prononcée), mais il a été suivi de très près par le Sauvignon Marlborough de Cloudy Bay. Ce dernier vin a offert une gamme d'arômes très variée qui a fasciné plusieurs dégustateurs.
Les rouges:
Le volet des rouges, à l'exception de l'Échezeaux, a été un exercice beaucoup plus compliqué. Les vins, étant tous de la même région, du même millésime et composés essentiellement du même cépage, offraient beaucoup plus de similarités que de différences.
Le Bourgogne, plus pâle et nettement plus fin que les Toscans, a été facilement réconnu par tous les dégustateurs. Les Toscans d'ailleurs, à la grande surprise de tous, étaient beaucoup plus charnus, fruités et équilibrés que tout ce qu'on avait pu goûter de cette région auparavant. Finalement, on a eu droit a des Sangiovese aux tannins mûrs, fins et bien enrobés par la chair du vin. Se pourrait-il que les producteurs Toscans aient enfin compris que c'est l'équilibre et non la quantité de tannins qu'il contient qui permet à un vin de bien viellir.
Peut-être que cet heureux changement était un facteur propre au millésime 1995 qui a donné des rendements moins élévés que la moyenne et donc des raisins plus mûrs. Mais une chose est sûre, on espère tous que dans le futur la Toscane offrira beaucoup plus souvent des vins comme ceux qu'on a goûté dans cette dégustation.
Il va sans dire que le Échezeaux était le favori de la plupart des dégustateurs. Dans le camp des Italiens, c'est le fabuleux Cepparello qui a remporté la palme du préféré.
Mes notes de dégustation suivent.
LES BLANCS:
- Soave "Capitel Foscarino"
1997, Anselmi
23$
Jaune, intensité moyenne.
Le nez offre des notes d'herbes et de foin, de noisettes et de cire. En
bouche il est de corps moyen, assez onctueux, avec des saveurs de pomme
jaunes. Finale de bonne persistance accompagnée par une légère
amertume (*** - Fed).
- Sauvignon Marlborough
1997, Cloudy Bay
22$
Jaune pâle, aux reflets
verdâtres. Le nez est vif, presque piquant, mais très complexe,
avec des notes végétales de feuille de vigne, de buis, de
pamplemousse et aussi, étrangement, de fruits rouges macérés
(framboise/cassis). Attaque intense, d'acidité soutenue, mais avec
une belle ampleur. Milieu de bouche assez riche et soyeux, avec des notes
de pamplemousse rose nettes et de bonne concentration, qui persistent assez
longuement en finale. Beau vin (*** 1/2 - Fed).
- Sauvignon "Poggio alle Gazze"
1996, Tenute dell'Ornellaia
24$
Le nez est herbacé,
avec des nuances florales. La bouche est plutôt discrète,
de corps moyen, pauvre en saveurs et soutenue uniquement par une fine acidité
qui lui donne un bel équilibre. (** 1/2 - Fed).
- Pouilly-Fumé "Pur
Sang" 1994, Didier Dagueneau
41$
Jaune doré de très
belle intensité. Le nez est racé, complexe, avec un boisé
raffiné, crayeux qui évoque certains grands bourgognes. L'attaque
est onctueuse et finement beurrée, suivie par des saveurs de pommes
vertes et une acidité très prononcée qui accompagne
le vin jusque dans la finale. Ce vin est probablement encore trop jeune.
Mais, à l'exception du nez, il ne me semble pas avoir la profondeur
et la concentration nécessaire pour s'améliorer en viellissant.
Il faudra voir (*** 1/2 ? - Fed).
LES ROUGES:
- Tignanello
1995, Antinori
47$
Rubis profond, opaque, très
bonne saturation. Le nez est profond et très mûr, avec des
notes de chêne brûlé et de crayon à mine nuancées
par un fruité très mûr et des arômes floraux
plus discrets. Avec l'oxydation il développe des notes balsamiques
intéressantes, mais qui n'ont pas leur place dans un vin. La bouche
est très ample, souple et mûre, aux tannins bien enrobés.
La texture du vin est plus similaire à celle d'un Merlot que d'un
Sangiovese. Le vin est de bonne longueur, mais offre encore très
peu de complexité en bouche. À attendre (*** 1/2 - Fed).
- Vigorello
1995, San Felice
33$
Rubis foncé, aux bords
larges. Le nez est vaguement animal et terreux, avec des notes d'étable
et de feuilles mortes. La bouche est de corps moyen, plus droite que les
autres Supertoscans de la soirée, aux tannins fins et légèrement
astringeants. Fin de bouche de bonne longueur, sur des saveurs de réglisse/goudron
et de tabac (*** - Fed).
- Cepparello
1995, Isole & Olena
45$
Rubis, très bonne saturation.
Superbe nez! Très, très mûr et parfumé, avec
un caractère indéscriptible, ensorcelant, composé
de notes de violettes et de fruits macérés (framboises très
mûres). La bouche est très ample, avec une superbe texture
faite d'une chair souple et veloutée et de tannins très fins
et polis. C'est le meilleur Cepparello produit à ce jour. AM: jusqu'en
2010 (**** ++ - Fed).
- Flaccianello
1995, Fontodi
47$
Rubis opaque de très
bonne saturation. Nez discret, mais attrayant et complexe, aux notes d'herbes,
de feuilles d'automne, de fruits secset de fruits rouges mûrs. Bouche
ample et profonde, avec une fine astringeance qui lui donne une très
belle présence en bouche. Bonne longueur, sur des notes de tabac.
AM: jusqu'en 2010 (**** - Fed).
NB: Le Tignanello, Cepparello
et Flaccianello sont tous assez souples et fruités pour être
appréciés maintenant. Mais il ne faut pas se laisser tromper
par leur inhabituel charme de jeunesse, ces vins sont profonds, concentrés
et surtout, équilibrés. En conséquance, ils vont vieillir
longtemps. Donc, puisqu'ils n'ont pas encore tout à fait développé
leur potentiel en termes de complexité, il serait préférable
de leur accorder encore trois à quatre ans de garde.
- Échezeaux grand cru
1995, Domaine de la Romanée Conti
155$
Rubis grenat, saturation moyenne.
Nez charmeur, délicat, très féminin, avec des
notes d'épices, de moka et de pomme verte. L'attaque est soutenue
par une fine acidité. La bouche est de corps moyen, mais très
bonne concentration, avec des saveurs pures et intenses de fraises, épices,
roses et mine de plomb. La finale est pure et très, très
longue. Il est déjà prêt à boire, mais va certainement
gagner encore plus de complexité avec quelques années de
repos. AM: jusqu'en 2008 (**** - Fed).